La vie des Saints, les pèlerinages sur la sainteté, le vie de l'église, la vie missionnaire
* Le 16 janvier, une lettre de Claire Ferchaud est remise à Raymond Poincaré, président de la République. Elle lui fait part d'un message qu'elle dit avoir reçu du Christ, qui contient une double demande : sa conversion, et l'apposition du Sacré-Cœur sur le drapeau national. Malgré leur rencontre du 21 mars, et un nouveau courrier envoyé le 1er mai, ses démarches resteront sans effet.
« … Jésus veut sauver la France et les Alliés, et c'est par vous, Monsieur le Président, que le Ciel veut agir, si vous êtes docile à la voix divine.
Il y a des siècles déjà, le Sacré-Cœur avait dit à la B. Marguerite-Marie : "Je désire que mon Cœur soit peint sur le drapeau national, et je les rendrai victorieux de tous leurs ennemis". Dieu semble avoir dit ces paroles pour nos temps actuels. L'heure est arrivée où son Cœur doit régner malgré tous les obstacles. Ce Cœur sacré, j'ai eu la grâce d'en contempler la face adorable. Jésus m'a montré son Cœur broyé par l'infidélité des hommes. Une large plaie divise son Cœur. Et de cette plaie profonde, Jésus m'a dit : "C'est la France qui me l'a faite". Cependant, malgré les coups dont le Cœur de Jésus est martyrisé, il s'avance vers vous, M. le Président, en offrant sa miséricorde. A plusieurs reprises différentes, entre autres le 28 du mois de novembre 1916, Jésus, dans une lumière spéciale, me fit voir M. le Président, l'âme fortement travaillée par la grâce ; d'abord à demi écoutant Dieu et votre conscience. Il m'a semblé voir Dieu vous adressant ces paroles : "Raymond, Raymond, pourquoi me persécutes-tu ?" A cette voix, vous avez tressailli ; puis la grâce étant plus forte que vos passions, vous êtes tombé à genoux, l'âme angoissée et vous avez dit : "Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?…"
Plusieurs fois, pendant l'auguste mystère de la sainte Messe, Jésus aspergea votre personne de son sang divin, signe de la miséricorde que son Cœur vous offre. Monsieur, voici les paroles sacrées que j'ai entendues de la bouche même de Notre-Seigneur : "Va dire au chef qui gouverne la France de se rendre à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre avec les rois des nations alliées. Là, solennellement, les drapeaux de chaque nation seront bénis, puis le Président devra épingler l'image de mon Cœur sur chacun des étendards présents. Ensuite, M. Poincaré et tous les rois alliés à la tête de leur pays, ordonneront officiellement que le Sacré-Cœur soit peint sur tous les drapeaux de chaque régiment français et allié. Tous les soldats devront être recouvert de cet insigne de salut". »
Lettre de Claire Ferchaud au Président Poincaré, 16 janvier 1917, in A Loublande - Le Sacré-Coeur et Claire Ferchaud, Paris, Téqui, s.d..