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1917 : La bataille du drapeau.
A Montmartre le Bulletin (mai 1917, p. 83), évoque la "vocation de la France ".
" Chaque fois qu’elle se trouve sur le Calvaire, invariablement elle montre aux autres le Sacré-Coeur.
1793 ! 1870 ! 1914 !
Les treize millions d’ insignes du Sacré-Coeur et les Cinq cent mille drapeaux de Notre-Seigneur flottent au souffle de la mitraille.
L’exemple est contagieux, l’Europe imite, émerveillée. Le rayonnement s’étend aux autres fronts. Les comités distribuent par centaines de milliers les insignes.
Il est donc logique d’internationaliser la dévotion au Sacré-Coeur dans cette Grande Guerre et le 26 mars à Paray-le-Monial, la bénédiction solennelle des drapeaux alliés relance le grand espoir du drapeau national. France, Angleterre, Belgique, Italie, Russie, Serbie, Roumanie sont réunies, drapeaux écussonnés du Sacré-Coeur de Jésus, dans la chapelle de la Visitation, au-dessus des reliques de Marguerite-Marie.
Le cardinal Amette prononce, en la basilique, la consécration des soldats catholiques des armées alliées.
En juin 1917, période des mutineries, du risque de rupture des armées françaises et de l’arrière, la dévotion au Sacré-Coeur atteint son apogée même si la bataille du drapeau n’ aboutit pas.
Dès qu’elle est connue, l’apparition de Notre-Dame à Fatima, au Portugal catholique, allié de la France, crédibilise et renforce la dévotion au Sacré-Coeur par le culte marial. Les États-Unis, le 4 octobre 1914, et l’Angleterre, le 3 janvier 1915, organisent une journée nationale de prières. En France les signes extérieurs de la religion ne sont pas tolérés.
A Lyon la police saisit, à la librairie catholique de Mme Veuve Paquet, les insignes du Sacré-Coeur exposés dans le magasin avec défense d’en exposer d’autres en étalage. Le 1er juin, les préfets interdisent l’apposition de tout emblème sur le drapeau national et menacent de poursuite les contrevenants.
Le 7 juin, le ministre de la Guerre, Painlevé, interdit par circulaire la consécration des soldats au Sacré-Coeur.
Le 6 août, une Note aux Armées montre l’ampleur des emblèmes religieux au front : Grand Quartier Général des Armées du Nord et du Nord-Est, Etat Major 1er Bureau N° 5796 (Confidentiel).
Le 6 août l917.
Note pour les Armées A la date du 29 juillet sous le N° 8748 D, le ministre écrit ce qui suit : " à la date du 21 juillet 1917, comme suite à ma lettre N° 7296 D, du 18, vous avez prescrit aux armées d’observer une stricte neutralité religieuse et d’interdire en particulier les emblèmes apparents portés sur l’uniforme et les fanions ou bannières arborant des images religieuses ".
M. Le ministre de l’ Intérieur (Malvy), me signale qu’une propagande cléricale active est exercée actuellement sous diverses formes auprès des soldats du front. Certaines ligues font confectionner par centaines de mille des fanions et des étendards, du Sacré-Coeur, destinés aux troupes, que l’" Oeuvre de l’Insigne du Sacré-Coeur " expédie gratuitement par colis postaux, portant cette mention " linge " ou " conserves ", aux aumôniers militaires, aux prêtres mobilisés, et à certains officiers.
D’autre part, plusieurs officiers, sur la recommandation d’autorité religieuses, s’efforceraient de consacrer leur unité au Sacré-Coeur, par un acte qui constitue une violation flagrante de la liberté de conscience de leurs hommes et de la neutralité religieuse de l’État français.
Il me sera rendu compte de toutes les indications qui seraient relevées à ce sujet. Paul Painlevé. (ministre de la Guerre).
Eclaboussé par le scandale du " Bonnet Rouge " journal vendu à l’Allemagne, Malvy démissionne le 31 août.
La dévotion au Sacré-Coeur de Jésus trouve son épanouissement dans la canonisation de la Bienheureuse Marguerite-Marie.
Par cet acte, le pape Benoît XV clôt le cheminement d’un culte essentiellement français, échelonné sur un peu plus de deux cents ans. L’ année 1918 retrouve toute la ferveur du début de la guerre. La victoire, certaine à partir du 17 juillet, conforte les milieux catholiques de l’utilité des dévotions du Sacré-Coeur.
1918 : L’ apaisement.