La vie des Saints, les pèlerinages sur la sainteté, le vie de l'église, la vie missionnaire
En France, suivant le souhait d’un Jésuite, le Père Ardant, et de laïcs comme Messieurs Legentil et Rohault de Fleury, un vaste mouvement se développait pour ériger un sanctuaire en son honneur afin de demander la délivrance du souverain pontife enfermé au vatican et demander le salut de la France défaite. Un volontaire de l’Ouest, le député Cazenove de Pradines, obtint l’accord de l’Assemblée nationale. Et pourtant, l’œuvre du vœu National au sacré-Cœur mit plus de cinquante ans pour achever la basilique qui s’éleva là où, dès le XVIe siècle, les bénédictins de Montmartre prônaient la dévotion du sacré-Cœur.
La première pierre fut posée le 16 juin 1875. Cependant, face à des gouvernements qui proclamèrent leur neutralité d’abord, et qui ensuite firent preuve d’hostilité ; face au coût de la construction notamment celui des fondations, la Basilique ne fut consacrée que le 16 octobre 1919 et définitivement terminée qu’en 1923.
Les oppositions avaient été violentes : En 1895, espérant prochaine la chute du catholicisme, le futur président du parti radical et grand-maître de la franc-maçonnerie n’avait-il pas déclaré à l’issue du congrès annuel : « Nous-nous rendrons solennellement sur les hauteurs de Montmartre, précédés de notre bannière, de nos insignes symboliques, et nous irons chanter un hymne de paix sous la coupole du monument destiné aujourd’hui au sacré-Cœur de Marie Alacoque. Nous y proclamerons la déchéance définitive du pape, la ruine du corps jésuitique, le triomphe de la libre pensée, et sur le fronton dédié ce jour-là aux véritables agents de la civilisation universelles, nous inscrirons ces mots en lettres d’or : « offert à la France et à l’humanité en souvenir des crimes de l’Eglise ».
Cet édifice était l’œuvre de Paul Abadie puis de ses successeurs MM. Daumet, Laisné, Garnier, Rauline, Lucien Magne et son fils – ces derniers firent dresser le clocher et assumèrent une grande partie de la décoration – mais aussi et bien sûr, l’œuvre de millions de souscripteurs.
A partir de 1885, jour et nuit, alors que se dressait peu à peu la basilique, à l’exemple de la pieuse Madame Royer et de ses fondations, la piété des fidèles y maintenant l’adoration du sacré-Cœur et les pèlerinages s’y succédaient ;
Puis la France victorieuse retrouva les deux provinces perdues chère à son cœur : l’Alsace et la Lorraine, mais au prix de quelles hécatombes ! Au prix de combien de disparitions : plus d’un million et demi de morts dont beaucoup appartenaient à cette France chrétienne, à ces paysans et à ces gentilshommes descendants des héroïques combattants de la grande Armée Catholique et Royale et des vielles terres chrétiennes, mais aussi issus d’autres milieux et de la France patriote républicaine.
Paris, septembre 1992 PRIERES ET HYMNES POUR LA France La France très chrétienne au 19ème siècle - Henry Melchior de LANGLE & Jean-Louis de TREOURRET de KERSTRAT
En 1668 sera révélé à Sainte Marguerite-Marie le message à la France qui servira de référence aux catholiques français et dans lequel notre Seigneur exprime trois demandes :
1° La consécration publique et solennelle du chef de l’Etat au Sacré-Coeur
2° L’apposition du Sacré-Coeur sur le drapeau : "Faites savoir au fils aîné de mon Sacré-Coeur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’il fera de lui-même à mon Coeur adorable qui veut triompher du sien, et par son entremise, de celui des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte Eglise ».
3° La construction d’un édifice en l’honneur du Divin Coeur et l’intercession auprès du Saint Siège pour obtenir la messe et tous les privilèges en vue de l’établissement du culte du Sacré-Coeur : "Faire faire un édifice où serait le tableau de ce Divin Coeur pour y recevoir la consécration et les hommages du roi et de toute sa cour, faire autoriser la messe en son honneur par le saint-siège apostolique.
Confirmant ainsi une nouvelle fois la France dans son rôle de fille aînée de l’Eglise, titre acquis depuis le baptême de Clovis, notre Seigneur lui promet une pluie de grâces si elle répond à sa requête, et à travers elle, c’est le monde entier qui bénéficiera de ces mêmes grâces.
France fille aînée de l’Eglise
La future reine de France, Marie Leckzinska, épouse de Louis XV , se révélera être l’une des meilleurs soutiens à la cause du Sacré-Coeur à laquelle elle restera fidèle toute sa vie. C’est en effet sous son influence que fut accordée la fête du Sacré-Coeur à la France par le Pape Clément XIII en 1765.
La première fête nationale du Sacré-Coeur fut célébrée le 20 juin 1766 dans tous les diocèses, le vendredi après l’octave du Saint-Sacrement conformément aux demandes de notre Seigneur.
Le XIX° siècle L’image du Sacré-Coeur s’impose également tout au long du XIX° siècle par les rappels fréquents des apparitions de Jésus.
Le Pape Pie IX étend la fête du Sacré-Coeur à toute l’Eglise et en 1875, il lui consacre toute la catholicité.
L’une des trois demandes à la France a pu s’accomplir, à savoir la construction d’un édifice consacré au Sacré-coeur : ce sera la Basilique du Sacré-coeur de Montmartre.
L’idée en est lancée avec le voeu national du 11 février 1871, à l’initiative de deux députés et de plusieurs ecclésiastiques. Le voeu national sera approuvé par le Pape peu de temps après.
Le 18 janvier 1872 , Mgr Guibert de Paris, prononce officiellement le voeu national : "C’est là (sur la colline de Montmartre), écrit-il, que Saint-Denis et ses compagnons de martyre ont répandu avec leur sang les premières semences de la foi chrétienne, qui ont fructifiées si rapidement dans la Gaule septentrionale. Ne convient-il pas qu’un temple, élevé pour la protection divine sur la France et particulièrement sur la capitale, soit placé dans un lieu qui domine Paris et qui puisse être vu de tous les points de la cité, ce sera tout ensemble un monument d’expiation pour les fautes commises et l’expression d’une supplication générale pour que les jours de nos épreuves soient abrégés ».
Le 24 juillet 1873, la chambre des députés adopte un projet de loi déclarant d’utilité publique la construction d’une Eglise sur la colline de Montmartre. La construction ne sera achevée qu’à la fin de la première guerre mondiale.
Le 16 octobre 1872, Mgr Guibert préside d'ailleurs le premier pèlerinage à Montmartre depuis la Révolution de 1789. Les pèlerins se rendent à une chapelle en bois qui vient d'être édifiée sur l'emplacement de l'ancienne abbaye, rasée en 1792 pendant la Révolution. Mgr Guibert n'a pas choisi par hasard la date du 16 octobre : c'est le jour anniversaire de l'exécution de la reine Marie-Antoinette. Et justement la rue où a été construite cette petite chapelle se nomme rue Marie-Antoinette. Coïncidence ?....
Mgr Guibert rencontre peu après Thiers, président de la République, et Jules Simon, ministre des Cultes, qui se montrent prudents mais promettent de l'aider.
Le 25 mai 1917, les cardinaux, archevêques et évêques réunis prononcent solennellement le voeu suivant :
" Afin de répondre complètement à la demande formulée par notre Seigneur à Paray le Monial, afin d’obtenir la prompte victoire de nos armées et la régénération chrétienne de notre patrie, nous, Cardinaux, archevêques et évêques de France, nous nous engageons, par ce voeu, en notre nom et au nom de tous nos successeurs, à faire célébrer solennellement, chaque année, à perpétuité, dans toutes les églises et chapelles de nos diocèses, la fête du Sacré-Coeur au jour qu’il a lui-même indiqué, c’est à dire le vendredi après l’octave du Saint-Sacrement. »
Nous laisserons la conclusion de ce raccourci historique au pape Léon XIII " Aujourd’hui apparaît à nos yeux un signe divin et de suprême espérance, à savoir le Sacré-Coeur surmonté de la croix et tout brillant au milieu des flammes. C’est de lui qu’il faut solliciter et attendre le salut des hommes. »