La vie des Saints, les pèlerinages sur la sainteté, le vie de l'église, la vie missionnaire
1. L'Agonie de Notre-Seigneur au Jardin des Oliviers
Si la Très Sainte Vierge n'a pas été corporellement témoin de l'Agonie de Jésus, comment douter que spirituellement, elle n'ait partagé cette Agonie plus que personne.
Vierge Marie qui savez ma faiblesse et mon inconstance quand la souffrance ou l'épreuve me seront présentées, aidez-moi à prier, et si l'affliction persiste, que la grâce vienne en adoucir l'amertume et que l'Ange de consolation me prête son secours.
Après la Cène, au seuil du Cénacle, Jésus s'éloigne. Il s'arrache des bras et du cœur maternel pour se livrer à la Justice de son Père. Et Marie perd son fils... Un glaive de douleur perce son cœur. Elle aussi se donne avec Lui à la justice divine... Mais plus que jamais l'âme de Marie est unie à celle de Jésus. C'est le cœur à coeur de l'unité dans le même don.
A ses apôtres qui l'accompagnent, Jésus dit : veillez et priez. » C'est la recommandation de Notre-Seigneur à ceux qui veulent triompher de la tentation.
C'est la prière qui donne la force de supporter l'épreuve et Jésus s'isole et prie.
Le dégoût des fautes dont Il s'est chargé, Lui, la Sainteté infinie, la crainte à la pensée des humiliations et des supplices que la malice des hommes Lui réserve, la tristesse à la vue de tant d'âmes qui rendront inutiles les grâces de salut et cette dernière considération surtout, Le font tomber dans une agonie mortelle, le sang jaillit de tout son Corps, Jésus se sent seul.
Les apôtres qui, il y a une heure à peine, ont communié pour la première fois, s'endorment près de leur maître agonisant. Mais Jésus accepte, Il veut la volonté de son Père.
0 Seigneur, faites-moi comprendre jusqu'à quel point vous m'avez aimée. Vous instituez l'Eucharistie pour rester avec moi et moi, si souvent je Vous délaisse, si fréquemment je préfère ma volonté à la vôtre.
Sans date
2. La flagellation de Notre-Seigneur
Pilate est pleinement convaincu de l'innocence de Jésus, mais il n'a pas le courage de son opinion et, par lâcheté, il fait flageller Jésus, celui dont il atteste l'innocence.
Vierge Marie qui avez si bien compris la valeur des souffrances de Jésus et qui en avez tant souffert, obtenez-nous la lumière et la force pour réaliser en nous le travail de l'oubli de nous-même, de générosité que Dieu nous demande.
Jésus est donc attaché à une colonne. Jésus est donc attaché à une colonne. Les bourreaux armés de fouets de nerfs de bœufs, de verges et de lanières de cuir, épuisent leurs forces frapper la chair délicate de Jésus. Le Corps sacré se déchire et n'est plus qu'une plaie, les coups ne portent que sur des blessures qui s’agrandissent, le sang coule à flot.
Vierge Marie, aidez-nous à obtenir ce triomphe du Sang précieux de Jésus.
O Jésus vous voulez expier par votre précieux sang toutes nos fautes, mais par votre flagellation spécialement nos sensualités, nos immodesties, nos lâchetés, l’excès de préoccupation que nous donne notre santé ou nos aises, notre dégoût de tout ce qui nous gêne ou nous coûte, la peur de l’effort, notre égoïsme.
Que le Sang précieux de Jésus renouvelle en nos âmes l’innocence, la pureté, la générosité, la charité.
Puisque Dieu seul a le pouvoir de renouveler ses créatures, qu'il daigne avoir pitié du monde en détresse et renouveler toutes les âmes de la terre, les attirer à Lui pour le connaître, le servir, l'aimer. Juillet 1944
3. Le Couronnement d'épines
Après avoir supporté le supplice de la flagellation, Jésus a voulu souffrir le couronnement d'épines. Il a voulu subir la moquerie et l'insulte. Pilate, présentant Jésus à la foule, dit : « Voici l'homme », « ECCE HOMO », mots d'une ironie perfide et intraduisible. Voici le Roi dérisoire... qu'avez-vous à redouter de cet Etre dont le corps est réduit à cet état informe et affreux. Voilà l'homme.
Dans cette foule Vous aviez des amis : des aveugles, des sourds, des lépreux guéris, des témoins de la résurrection de Lazarre, ceux qui, quelques jours avant, avaient jeté des palmes sur votre passage.
Ô Seigneur, comme vous avez dû souffrir en cet instant, en regardant cette foule à laquelle vous avez tant fait de bien et qui, au lieu de reconnaissance et d'amour, Vous renie en rougissant de Vous.
Ils Vous regardent portant votre couronne d'épines. Ils s'étonnent Vous voyant si misérable, d'avoir pu croire en Vous : ils détournent la tête avec mépris. Ce jour est bien celui de la lâcheté humaine. Pilate disait juste : « Voilà l'homme. »
Oui, l'homme tel que le péché le fait avec sa laideur et sa difformité.
De cette humiliation divine doit procéder pour nous une grâce de sincérité, la réhabilitation du pécheur qui s'accuse humblement. Seigneur Jésus, je me prosterne à vos pieds, je contemple votre couronnement d'épine si riche en leçon d'humilité, de détachement, d'obéissance et d'amour.
Toutes les fois que je me suis soustraite à l'obéissance, chaque fois que j'ai laissé l'orgueil envahir mes jugements, mes pensées, chaque fois que j'ai préféré la créature au Créateur, n'ai-je pas ajouté une épine à votre couronne et fait couler une goutte de votre Sang ?
Vierge Marie, ma Mère, aidez-moi à me renoncer, à reprendre le joug de l'obéissance sincère et humble (la règle, mes vœux), ma couronne d'épines (de religieuse).
Seigneur qui aimez tant à pardonner, regardez-moi avec miséricorde. Je veux, avec votre grâce, vaincre mon indépendance, ma volonté rebelle et orgueilleuse, maîtriser mon imagination toujours prête à s'exagérer les contrariétés, les difficultés, les souffrances de la route. Juillet 1945
4. Le Portement de la Croix
Jésus a porté et aimé sa Croix par amour pour Nous. Elle devait lui attirer nos cœurs.
Depuis Jésus, des milliers d'âmes ont voué à la Croix un amour passionné. C'est que la Croix est inséparable de Jésus-Christ. On ne peut donc aimer Jésus sans aimer Sa Croix. Aimons-nous la Croix ? Notre Croix ? Tout est là cependant.
La Vraie Croix n'est pas celle du sentiment qui meut notre sensibilité.
Si, au sortir de l'Oraison, nous rejetons un acte d'obéissance pénible, un sacrifice que Dieu nous demande, une contradiction, un insuccès, un défaut constaté, une maladie, une impuissance quelconque, nous fuyons la Croix.
La Croix est une impuissance : nous devons y être cloués, non seulement par les mains et par les pieds, mais par notre volonté, notre cœur.
La Croix ne peut être un obstacle à notre perfection, elle peut et doit gêner, contrarier, faire souffrir.
Jésus a aimé sa Croix, mais Il est tombé trois fois sous son poids.
L'amour de la Croix n'ôte pas la répugnance instinctive qu'elle nous inspire.
Etre sensible à la souffrance n'est pas une lâcheté.
Dieu a voulu être aidé par Simon de Cyrène. Il a voulu la compassion de Véronique. Dieu a désiré s'appuyer sur ses créatures et par là nous apprendre à user du secours de nos semblables, accepter leurs soins dans nos maladies, leur aide dans nos besoins, leur compassion dans nos souffrances, avec beaucoup de simplicité.
La rencontre de sa Mère sur la route du Calvaire a été pour Jésus une immense consolation. Demandons à Marie de savoir porter notre Croix, de nous apprendre la douceur, la patience dans nos épreuves, souffrances et tentations.
Demandons à Marie d'avoir pitié de ceux dont la croix actuelle est si lourde. Qu'elle daigne (en cette fête du Rosaire) laisser tomber des roses pour consoler tant de détresses, tant de cœurs meurtris.
O Marie, Reine du Rosaire, ayez pitié de nous, priez pour nous. Octobre 1944
5. Le Crucifiement
Jésus est cloué sur la Croix, ses mains, ses pieds sont traversés de clous, son front est ensanglanté, ses yeux divins sont obscurcis par le sang et les larmes, son corps n'est plus qu'une plaie.
Il a payé notre rançon. Avec la Très Sainte Vierge, contemplons tout particulièrement la plaie de son Divin Cœur.
C'est au Calvaire que la dévotion au Sacré Cœur prend naissance. Afin que l'on vit bien que tous les Mystères de Sa Vie et spécialement celui de Sa Passion n'avaient eu d'autre principe que l'Amour, Jésus a voulu qu'après sa mort, son Divin Cœur fût ouvert et mis à nu par la lance.
La dévotion au Sacré Cœur n'est pas autre chose que la dévotion à l'amour immense de Jésus pour nous.
La Loi du sacrifice imposé par l'Amour, Jésus nous la rappelle sur le Calvaire. Il était cloué à la Croix lorsque son Cœur fût ouvert. Son Amour s'est manifesté par l'effusion du sang jusqu'à la dernière goutte.
L'Eglise n'honore son Cœur de chair que parce qu'il symbolise son Amour.
Oh, mon Jésus, comme vous m'avez aimée ! Je crois à votre Amour. Je veux honorer ce Divin Cœur qui a su en tant d'occasions me manifester sa miséricorde et sa tendresse.
Ne me laissez pas oublier, Seigneur, qu'on ne peut aimer qu'en s'immolant et que l'immolation pour une âme religieuse, est avant tout l'oubli de soi-même, la fidélité attentive aux occasions de sacrifices, l'abnégation dans les détails les plus infimes de la vie journalière.
C'est la générosité dans la continuité de l'effort par de petits sacrifices obscures, cachés, continuels.
C'est de vous mettre le premier dans ma vie et de suivre votre Sainte Volonté (par ma docilité à mes supérieures, à ma règle).
Vierge Marie, Mère des douleurs, aidez-moi. Rappelez-moi sans cesse qu'il n'y a pas d'Amour sans sacrifice, que le Cœur et la Croix de mon Jésus, c'est tout un. Que la science d'Amour, c'est la science de Jésus crucifié.
Prenez mon cœur et selon la parole de l'Apôtre : « Achevez en moi ce qui manque à la passion du Christ. » Juin 1945
« Je veux qu'un jour, mon Bon Jésus, lorsque dénuée de tout mérite, de toute vertu, riche seulement de ma misère, je paraîtrai devant Vous pour le jugement, Vous disiez - Je ne puis la juger, car elle n'a pas jugé. Je ne puis que l'aimer, car elle n'a fait qu'aimer. »