La vie des Saints, les pèlerinages sur la sainteté, le vie de l'église, la vie missionnaire
L'histoire tout entière de l'Eglise est l'histoire du précieux sang, car c'est l'histoire de la prédication de Jésus crucifié, selon la mémorable expression de saint Paul. Cette dévotion est née avec le christianisme. L'Apôtre des nations la recommande à chaque page de ses sublimes écrits : il y parle en effet constamment de la croix de Jésus-Christ et du sang qu'il a répandu pour le salut du monde ; il revient sans cesse à ce sujet et c'est un besoin pour son amour de s'y arrêter. Les saints Pères, en particulier saint Jean Chrysostome et saint Augustin, ont marché sur les traces de saint Paul ; et parmi les Saints, ceux que nous honorons davantage sont ceux qui ont le plus honoré la Passion de Notre Seigneur, qui ont reçu le plus dignement son corps comme nourriture et son sang comme breuvage divin.
Sainte Catherine de Sienne a beaucoup contribué à propager le culte du précieux sang, comme dévotion spéciale. On vénère en divers endroits des reliques soit d'un sang miraculeux, soit du précieux sang, et les grâces obtenues par ce moyen ont augmenté cette dévotion. Elle fut l'objet de plusieurs confréries qui contribuèrent aussi beaucoup à la répandre et à l'accroître. Il en existait anciennement une à Ravenne ; il y en avait une à Rome sous Grégoire XIII. Mais c'est spécialement sous Pie VII qu'une archiconfrérie du précieux sang fut établie à Rome. Ce Pape l'enrichit de nombreuses indulgences. Mais nul pontificat n'a été aussi favorable que celui de Pie IX, au développement de la dévotion au précieux sang. C'est sous lui que, par suite d'une révélation particulière, le scapulaire rouge a été institué et enrichi de nombreuses indulgences. La confrérie du précieux sang a vu, grâce à la munificence du Pontife, augmenter ses indulgences ; et par suite de nouvelles confréries ayant le même but ont été établies dans différentes villes. Quand Pie IX, après son exil de Gaële, rentra dans Rome, il adressa à l'univers entier un décret qui instituait une nouvelle fête du précieux sang, le premier dimanche de juillet. L'institution de cette fête demeure aussi un monument des vicissitudes de l'Eglise et de l'assistance qu'elle reçoit de son divin fondateur.