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La vie des Saints, les pèlerinages sur la sainteté, le vie de l'église, la vie missionnaire

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Don Guéranger - Saint Martin 3/6

8. I Cor. II, 4. — 9. Cardinal Pie, Sermon prêché dans la cathédrale de Tours le dimanche de la solennité patronale de saint Martin, 14 novembre 1858. — 10. Concil. Mogunt. an. 813, can. XXXVI. 11. Greg. Tur. De miraculis S. Martini, IV, in Prolog. — 12. Quel qu'ait pu être le vêtement de saint Martin désigné par cette appellation, on sait que l'oratoire des rois de France tira de lui son nom de chapelle, passé ensuite à tant d'autres. — 13. Et ubi erit spes victoriae, si beatus Martinus offenditur ? Greg. Tur. Historia Francorum, II, XXXVII.

 

Lisons le récit de l'Eglise, qui s'étend avec complaisance sur les derniers moments de son illustre fils, vraiment dignes en effet d'être admirés par tous.

 

        Martin était né à Sabarie en Pannonie. Comme il atteignait sa dixième année, il courut malgré ses parents à l'Eglise et s'y fit inscrire parmi les catéchumènes. Parti à quinze ans pour l'armée, il  servit sous Constance d'abord et ensuite sous Julien. Un jour qu'à Amiens, un pauvre mendiant nu lui demandait l'aumône au nom de Jésus-Christ, n'ayant rien que ses armes et le vêtement dont il était couvert, il partagea sa chlamyde avec le pauvre. Or, la nuit suivante, le Christ lui apparut couvert de cette moitié de manteau, et il disait : Martin catéchumène m'a revêtu de ce vêtement.

 

        A dix-huit ans, il fut baptisé. Renonçant dès lors à la vie militaire, il se rendit près d'Hilaire, évêque de Poitiers, qui le mit au nombre des acolythes de son église. Fait par la suite évêque de Tours, il mena une vie très sainte avec quatre-vingts moines, dans le monastère qu'il y bâtit. Saisi à Cande, bourg de son diocèse, d'une fièvre très grave, il priait instamment Dieu qu'il le délivrât de cette prison mortelle. Ce qu'entendant, ses disciples le suppliaient : Père, pourquoi nous abandonnez-vous ? à qui nous laissez-vous dans notre malheur? Et Martin, ému de leurs larmes, disait à Dieu : Seigneur, si je suis encore nécessaire à votre peuple, je ne refuse pas le travail.

 

        Et comme, malgré la violence de la fièvre, ses disciples le voyaient prier constamment tourné vers le ciel, ils le supplièrent de se laisser changer de position quelque temps, pour que le mal prît quelque relâche et lui permît de reposer. Mais Martin: Laissez-moi, dit-il, regarder le ciel plutôt que laterre, pour que mon âme sur le départ trouve son chemin vers le Seigneur. Comme la mort approchait, voyant l'ennemi du genre humain, il dit : Que fais-tu là, bête cruelle ! tu ne trouveras rien en moi pour toi. Ce fut en prononçant ces mots, qu'âgé de quatre-vingt-un ans, il rendit à Dieu son âme. Elle fut reçue par le chœur des Anges, dont plusieurs personnes ouïrent les divines mélodies, spécialement l'évêque de Cologne saint Séverin.

 

Nous donnons ici les belles Antiennes des Vêpres de la fête. Les cinq premières sont composées de passages de Sulpice Sévère en sa lettre à Bassula, où il raconte la mort du bienheureux, complétant ainsi le livre qu'il avait écrit de la Vie de saint Martin pendant que celui-ci vivait encore.

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