Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre

Marie.jpeg
" Marthe, pensez-vous que la France ait encore un avenir spirituel ?"
Elle a poussé une sorte de cri et a dit : "Ah, ça j'y crois beaucoup !" Elle l'a dit avec une force dans la voix, comme une jaillissement de son coeur....  
PERE BERNARD PEYROUS   

L’arc-en-ciel de la vocation chrétienne est devenu presque infini ; l’éventail des réalisations de la sainteté le sera tout autant.

Mgr Jean-louis Bruguès, o.p. 

 

Jean-Paul II et la France envoyé par paristocrate 

Biographie de Jean-Paul II envoyé par paristocrate 

Benoit-XVI.jpg 

"La chose la plus horrible dans notre monde aujourd'hui, c'est la communion
dans la main"
(Mère Teresa, 23 mars 1989, dans The Wanderer, Pakistan).

Texte libre

imTOU.jpg 

Joli chemin n’allonge pas 

 Prière ne retarde pas, 

Et aumône n’appauvrit pas.   

 

Sous le pommier,

Proverbes de la Terre,

par Henri Pourrat,

éd Dominique Martin Maurin 

 

 ___________________________ 

J'ai rêvé que la vie est joie.
Je me suis réveillé et j'ai vu

que la vie est devoir.
J'ai accompli mon devoir et

j'ai réalisé que le devoir est Joie.  

Tagore 

JMJ SYDNEY 2008
envoyé par Le_Bon_Larron

 ____________________________

 La science prétend aujourd’hui que l’univers est vide et muet Je ne crois pas que l’univers soit muet, je crois plutôt que la science est dure d’oreille…

L’œil qui scrute, qui analyse,
qui dissèque, doit être réconcilié avec l’œil qui vénère et qui contemple…


Il nous faut apprendre maintenant
à vivre en pratiquant à la fois la science et la poésie ;
Il nous faut apprendre à garder 
les deux yeux ouverts en même temps

Hubert Reeves (Il y eut un matin ) 

 


Saint(e)s envoyé par Le_Bon_Larron 
  

Cantique des trois enfants dans la fournaise (Daniel 3, 51 sq, extraits)

Toutes choses germant sur la terre, bénissez le Seigneur !
Sources et fontaines, bénissez le Seigneur !
Vous tous, oiseaux du ciel, bénissez le Seigneur !
Vous tous, bêtes et bestiaux, bénissez le Seigneur !
Vous, enfants des hommes, bénissez le Seigneur !
Vous, saints et humbles de cœur, bénissez le Seigneur !
A Lui haute gloire, louange éternelle!


"Je vous donnerai, dit Jérémie, des pasteurs selon mon coeur." (3,15)

Archives

8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 21:56

*      La vénération orthodoxe de saint Denis

*      Diacre Nikolaï Nikichine. «Saint Denis, fut-il le premier évêque de Paris?»

 

Les articles sont traduites du russe par Maxim Sher.

 

«L’un des siens à l’étranger» Diacre Nikolaï Nikichine

 

Il est toujours agréable de rencontrer l'un des "siens" à l’étranger. Une telle rencontre n’a pas forcément lieu dans notre espace-temps présent. C’est avec joie que nous relisons les exploits passés de notre compatriote. Sa vie, ses épreuves et la gloire dont il s’est couvert nous deviennent proches et nous apportent un certain confort.

 

Nous évoquerons ici le surprenant destin de notre compatriote céleste, le saint martyr Denis l'Aréopagite. Nous narrerons la partie française de sa vie à laquelle nous avions accorde peu d’importance lorsque nous vivions en Russie. Son importance exceptionnelle pour l'Église chrétienne en France, pour la formation de la monarchie française ne peut être saisie et évaluée que de l'intérieur, à l'aide des témoignages des historiens français et des zélateurs de la mémoire de saint Denis.

 

Depuis le critique rationaliste des Lumières, depuis les massacres de la Révolution, saint Denis a été oublié et l’on peut dire qu'en France non seulement les intellectuels "ont perdu la mémoire" mais, plus tragique encore, le peuple français. Mais le flambeau ne peut pas être caché sous le boisseau.

 

I Au nord de Paris, près du terminus de métro se trouve une église-musée – la basilique Saint-Denis. D'après les guides, elle est avant tout la première cathédrale gothique, celle qui a marqué le début d'un nouveau courant dans l'architecture religieuse ; elle est aussi nécropole des rois de France. En relisant un manuel d'histoire on apprendra que du VIIe au XVIIIe siècle il y eut ici l’abbaye Saint-Denis dont l'importance pour la France, surtout du VIIIe au XVIe siècles, est comparable à celle de la Laure Sainte-Trinité-Saint-Serge pour la Russie.

L'église, puis le monastère s’élevèrent à l'endroit même où furent enterrés saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons – le prêtre Rustique et le diacre Eleuthère qui achevèrent leur mission terrestre en recevant la couronne du martyre.

L'histoire de la basilique est un témoignage du culte que le peuple français rendit à son père spirituel tout comme celui de la participation ininterrompue de saint Denis à la vie de la France durant des siècles.

 

II Clovis, le premier roi des Francs, qui se convertit au christianisme avec ses troupes en 496, choisit Paris pour capitale principalement à cause de la vénération de saint Denis. Cette décision marqua le début de l'ascension du petit bourg situé dans l'île de la Cité.

Dans les chartes des rois de France à partir de la première dynastie Mérovingienne les mentions de saint Denis sont immanquablement accompagnées de la phrase notre patron particulier. Charlemagne, le fondateur de l'Empire d'Occident, disait qu'il ne retenait le royaume de France qu'avec l'aide de Dieu et aussi grâce à la protection de saint Denis. En 1120, dans la charte de Louis VI, saint Denis fut même titré « chef et protecteur de la monarchie ».

Le sacre des rois de France se déroulait à la cathédrale de Reims. Mais pendant le règne c'est à la basilique Saint-Denis qu'étaient conserves les Regalia – objets nécessaires au sacre: la couronne, le sceptre, l'épée et l'anneau – symbole de l'alliance entre le souverain et son peuple.

La basilique abritait l'oriflamme – la bannière d'État. Du XIe–XIVe siècles aucune campagne militaire ne commençait sans un service solennel avec exposition des reliques des trois martyrs et la remise solennelle de l'oriflamme au roi-capitaine.

En 1593 Henri IV choisit la basilique Saint-Denis comme cadre à la cérémonie du renoncement aux erreurs du protestantisme et de la réunification solennelle avec l'Église catholique.

Ce sont de même les moines de Saint-Denis qui furent chargés de rédiger la grande chronique – l'histoire officielle de la France d’Ancien Régime.

 

III Au cours de la "grande" Révolution française l’abbaye fut fermée, la basilique pillée. Les tombeaux furent ouverts, et les restes des rois et de leurs proches jetés dans une fosse et brûlés à la chaux vive. Nombre de tombes furent brisées.

Des 1802 cependant, Napoléon rétablissait le culte à la basilique et ordonna même d’y préparer un sépulcre pour lui-même et sa famille. Pourtant, le sort ne voulut pas qu’il reposât auprès de saint Denis.

L’abbaye ne se releva jamais de la tempête révolutionnaire. Plus qu’à l'absence de liberté, c’est avant tout à une crise profonde de la société occidentale et au dépérissement de la foi qu’il faut imputer ce fait. Les locaux monastiques accueillirent l'École de la Légion d'Honneur – établissement pour les filles dont les parents et les grands-parents étaient membres de l’ordre national le plus honorable. La basilique fut transformée en musée national et une partie seulement mise à la disposition d’une communauté catholique pour les célébrations liturgiques. Signe des temps, une messe sur deux est dite en portugais, les immigres portugais constituant actuellement la moitié des fidèles dans ce berceau du christianisme français.

 

IV L'analyse "scientifique" des biographies de saint Denis affirme qu’on ne sait de lui rien d'authentique.

Or, si l’on ignore les origines d’un personnage, en quoi il est remarquable, et ce qu’il peut pour nous, on l’oublie. Une église vide en est le résultat. Et si au Moyen Âge les foules s’écrasaient s’efforçant de toucher à tout prix les reliquaires des saints, aujourd’hui seul le guide les montre aux touristes, les présentant comme une chose drôle et un vestige du passé.

 

V Dans ce contexte particulièrement triste, c’est une antique légende occidentale (remontant à Hildouine, abbé de Saint-Denis au XIe siècle) qui vient réconforter les cœurs orthodoxes. Selon cette légende, saint Denis, premier évêque de Paris, ne serait autre que Denis l’Aréopagite, celui-la même dont il est fait mention au livre des Actes des Apôtres. Membre de l’Aréopage d’Athènes déjà avance en âge, il devint disciple de Paul lors du séjour de l’Apôtre à Athènes (Ac 17).

Selon le témoignage d’Eusèbe de Césarée, père de l'histoire de l'Église, Denis devint le premier évêque d'Athènes. Plus tard, obéissant à une révélation, il laissa l'évêché d'Athènes à son successeur Publius et vint à Rome d'où, à la demande de l'évêque de Rome Clément et accompagné par le prêtre Rustique et le diacre Eleuthère il se dirigea en Gaule pour l'illuminer de la lumière du Christ.

Jusqu'au VIIIe siècle l’Orient orthodoxe ne sut rien des exploits de Denis en Occident. C’est le patriarche Taraise, qui, ayant entendu recueilli quelques informations, envoya ses ambassadeurs en Gaule en 784 en vue d’une étude approfondie sur le séjour de saint Denis à Paris. Lorsqu'ils rentrèrent à Constantinople muni d’une attestation d'authenticité, Taraise éleva l'évêché d'Athènes au rang d'archevêché.

Des le IXe siècle le futur patriarche Méthode rédigea une vie de saint Denis en grec y incluant la légende du martyre de saint Denis à Paris. Saint Démétrios de Rostow écrivit également les vies des saints en russe en se servant des sources grecques et latines. Dans ses «Vies des saints» on trouve à la date du 3 octobre une description de l'activité de saint Denis à Athènes et de ses exploits en Occident.

 

VI Cette rencontre avec l'Orthodoxie est surtout extraordinaire non seulement par son époque mais aussi par l'origine grecque des saints car on arrive à identifier les deux Denis – celui de Paris et celui d'Athènes – à travers les passions d'une discussion tricentenaire entre les Églises sur les origines des apôtres.

Evoquons brièvement le destin des œuvres attribuées par la Tradition à saint Denis l’Aréopagite. La divine providence voulut que ces œuvres commençassent à circuler dans l'Église d'Orient à partir du VIe siècle et dans celle d'Occident – à partir seulement du IXe: en 827 les ambassadeurs de l'empereur byzantin Michel II l’Amaurien offrirent au roi français Louis le Pieux les œuvres complètes de saint Denis.

Tous les grands théologiens et philosophes occidentaux s'inspirèrent des œuvres de saint Denis. Nous ne citerons que les noms les plus connus: Albert le Grand, Thomas d’Aquin... Des savants occidentaux ont calcule que Thomas d’Aquin auraient cité saint Denis plus de 1700 fois.

Citons en conclusion le kontakion à saint Denis: « Ayant passé par l'esprit les portes célestes comme le disciple de l'apôtre qui atteignit le troisième ciel, Ô Denis, tu t'enrichit par la raison de tous ceux qui ne furent pas énoncés et tu illumina ceux qui étaient dans les ténèbres de l’ignorance. C’est ainsi que nous t’invoquons : réjouis-toi, Ô père universel ! ».

Diacre Nikolaï Nikichine.

 

Vénération orthodoxe de saint Denis à Paris 6/19 Octobre 1997

D'après le calendrier de l'Église catholique la fête de saint Denis est célébrée le 9 octobre. L'Église orthodoxe la célèbre le 3 octobre (ou le 16 octobre selon “le nouveau style”).

Le 19 octobre 1997 pour la première fois depuis des années les chrétiens orthodoxes célébrèrent un molébène dans une chapelle de la basilique Saint-Denis. Des membres de deux juridictions orthodoxes y prirent part: le Patriarcat de Roumanie était représenté par archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard, curé de l’église Saint-Germain-Saint-Cloud à Louveciennes et par le prêtre François Faure, curé de l’église Saint-Cassien-le-Romain à Aix-en-Provence. Le Patriarcat de Moscou fut représenté par archiprêtre Gérard de Lagarde, curé de l’église Notre-Dame-Joie-des-Affligés-Sainte-Geneviève à Paris, diacre Joseph Fouilleul de la même église et le diacre Nikolaï Nikichine qui dessert le métochion des Trois-Saints-Hiérarques, représentation du Patriarcat de Moscou à Paris.

Depuis lors, les molébènes orthodoxes devant les reliques de saint Denis l’Aréopagite et de ses compagnons sont devenus, grâce à Dieu, une bonne tradition.

 

30 Septembre / 13 Octobre 2002

A l'occasion de la fête de saint Denys l'Aréopagyte et sur invitation de Son Eminence le Cardinal Jean-Marie Lustiger, Archevêque de Paris, l'Assemblée des Evêques Orthodoxes de France a organisé office orthodoxe des vêpres le Dimanche 13 octobre 2002 à 17:30h à la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris.

L'office a eu lieu, à 17h30, célébré par le p. Michel Evdokimov et l'archidiacre Job, présidé par Mgr Jérémie (Kaligeorgis) en présence de Mgr Serge (Konovaloff) et de Mgr Gabriel.

Le chœur de la paroisse Notre-Dame-Joie-des-Affligés-Sainte-Geneviève, avec quelques personnes de la paroisse Sainte-Geneviève-Saint-Martin, a chanté l'office en français, en alternance avec le clergè grec qui a chantè dans sa langue et 2 chantres arabes.

Saint Denis l'Aréopagite, fut-il le premier évêque de Paris ?

Il existe sur l’origine et la personnalité de saint Denis de Paris deux légendes qui s’excluent l'une l'autre.

La première et la plus ancienne d’entre elles fut universellement reconnue comme authentique jusqu’au XVII siècle.

Cette tradition identifie saint Denis, premier évêque de Paris à saint Denis l’Aréopagite dont il est question dans le livre des Actes des apôtres. Membre de l’Aréopage d’Athènes avance en âge, il devint disciple de l’apôtre Paul lors du séjour que celui-ci fit à Athènes (Ac 17). Ayant laissé sa femme et ses enfants il accompagna le prince des apôtres pendant trois ans.

Selon Eusèbe de Césarée, fondateur de l’histoire ecclésiastique, Denis fut le premier évêque d'Athènes. Puis, obéissant à la volonté des cieux reçue par une révélation, il laissa l’évêché d’Athènes à son successeur Publius et vint à Rome d’où, a la demande de l’évêque de Rome Clément et accompagné par Rustique et Eleuthère il se dirigea en Gaule pour l’illuminer de la lumière du Christ.

Ainsi, saint Denis vint à Paris et convertit nombre de païens à la foi en Christ. Au cours des persécutions déclenchées par l’empereur Domitien, saints Denis, Rustique et Eleuthère furent capturés et livrés au martyre.

Denis fut battu longuement et atrocement, soumis au supplice du fer brûlant, livré aux bêtes afin qu’il acceptât de sacrifier aux dieux païens. Mais ni lui, ni Rustique, ni Eleuthère, qui furent aussi impitoyablement torturés, ne plièrent pas et demeures miraculeusement vivants, ils confessaient le Christ, vrai Dieu. Ils furent condamnés à la décapitation.

La mort de saint Denis est marquée d’un glorieux miracle. Grâce à l’intervention divine, le corps décapité du saint se mit debout, saisit sa tête et marcha environ six kilomètres jusqu’une bourgade qui devint par la suite Saint-Denis. Là, il tendit sa tête à une pieuse femme nommée Catulla, de noble souche romaine, et tomba indiquant ainsi l’endroit où la sainte dépouille devait être inhumée.

Beaucoup de païens qui virent ce miracle crurent en Christ. Plus tard, lorsque les persécutions des chrétiens cessèrent, une église fut aménagée à l’emplacement du tombeau de saint Denis. Nombre de miracles y eurent lieu à la gloire de Dieu.

Telle est la première légende.

***

La seconde légende ne date que du XVIIe siècle mais c’est elle qui est exposée dans les encyclopédies modernes et qui est considérée comme historique tandis que la première n’est mentionnée que comme pure fiction. La conclusion que le lecteur moderne peut tirer des publications de référence qui existent aujourd’hui, sera probablement négative: selon cette version nous ignorons tout de la vie du premier évêque de Paris sauf qu’il fut évêque pendant la seconde moitié du IIIe siècle et que son évêché se termina par le martyre.

Cette explication aujourd’hui très répandue ne permet pas d’expliquer du point de vue spirituel les causes d’une si grande vénération de saint Denis en l’Occident et en particulier, en France.

Il était vénéré par les rois: ainsi en 1120 Louis VI accorda à saint Denis le titre de « chef et protecteur de la monarchie ».

Les saints des époques les plus différentes firent le pèlerinage de Saint-Denis afin de rendre hommage à la tombe du premier évêque de Paris. Parmi eux sainte Geneviève (Ve siècle), saint Eloi de Noyon (VIIe siècle), saint Médéric (VIIIe siècle). Saint Denis était aussi vénéré par des personnalités pieuses comme Bernard de Clairvaux (XIIe siècle), Jeanne d’Arc (XVe siècle) et, bien sûr, par des gens simples. Le plus grand témoignage en reste la gigantesque basilique qui fut bâtie dans un petit village pour abriter les foules de pèlerins.

Si l’on admet que nous ne connaissons rien de la personnalité et de la vie du premier évêque de Paris, comment alors nourrir notre prière à saint Denis? La version “scientifique” de la vie de saint Denis ne permet pas non plus d’expliquer pourquoi, à partir du IXe siècle, les théologiens occidentaux firent des efforts titanesques pour comprendre les œuvres mystiques particulièrement difficiles attribuées à saint Denis l’Aréopagite. On peut aussi affirmer que ces savants s’inspiraient aussi de l’exploit de son sacerdoce ici en Europe Occidentale, en France.

 

***

Si, retroussant ses manches, on se hasarde à étudier les arguments des détracteurs de la page parisienne de la biographie de saint Denis l’Aréopagite, on s’aperçoit que leur base scientifique est très faible. Ces mêmes arguments furent d’ailleurs démentis par les recherches scrupuleuses d’historiens de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Dans l’hagiographie occidentale moderne comme dans les sciences laïques il est admis que la christianisation de la Gaule (France) n’eut lieu qu’a une époque relativement tardive, au milieu du IIIe siècle. A cela plusieurs raisons. La principale tient sans doute à ce que l’Église catholique d’aujourd’hui a procède à une révision de la Tradition dans l’esprit de la rationalisation propre aux temps modernes. Cette révision fut effectuée, expliquent ses promoteurs, en tenant compte des donnés scientifiques et historiques. Une des conséquences les plus regrettables du point de vue orthodoxe est sans doute que saint Nicolas de Myre en Lycie, notre bien aimé Nicolas le Thaumaturge, fut "rétrogradé": des saints universellement vénérés il fut mis au rang des saints locaux. Même à l’égard d’un saint si illustre on nous propose pratiquement de choisir entre croire et ne pas croire. Sainte Catherine eut encore moins de chance: elle fut totalement exclue du calendrier ecclésiastique. Les vies de ces saints semblèrent aux théologiens occidentaux contemporains trop "légendaires" (c’est-à-dire fictives) et de plus trop tardives, parce que rédigées plusieurs décennies après le trépas de saint Nicolas et de sainte Catherine.

La seconde raison tien à ce que la polémique concernant la personnalité de saint Denis surgit au milieu de la critique sur le sens même de l'Église et parmi les doutes sur ce qui constitue les fondements de la doctrine chrétienne. Cette situation évolua très naturellement jusqu'au siècle des lumières où l’on se mit déjà à bafouer ouvertement l’Église, le Christ, Dieu, les sentiments religieux des croyants, les sacrements et rites proclamant tout cela "obscurantisme".

Et jusqu’à nos jours la société occidentale s’inspire plutôt des idées des lumières que de celles du christianisme. On n’y voit toujours ni "changement d’orientation" ni à plus forte raison de modification de la conscience laïque.

C’est en tenant compte de ces éléments, qu’on comprendra pourquoi dans l’Église catholique d'aujourd’hui ne s’élève aucune voix pour la "réhabilitation" de saint Denis de Paris et pourquoi la conscience publique et scientifique est plutôt hostile à toute "restitution" de l’Église – et ceci en dépit de la vérité.

 

***

Il faut soulever la question de la place du premier évêque de Paris dans l’assemblée des saints, celle de disciple de l’apôtre Paul, témoin et participant de l’ensevelissement de la Vierge, et rendre à l’Église de Paris – sa dignité apostolique.

Le résultat d’un silence séculaire sur la vraie dignité de l'évêque de Paris Denis l’Aréopagite, est aujourd’hui évident: la cathédrale placée sous son invocation est vide – au mieux, elle est visitée par curiosité, rarement par piété.

Les chrétiens orthodoxes doivent-ils rester prisonniers des "conclusions" de la science historique occidentale qui s’oppose à la tradition en humiliant l'Église et la foi devant la "raison rationaliste"?

A plus forte raison, nous ne devons pas accepter la position réticente adoptée aujourd’hui par l’Église catholique à l’égard de sa propre histoire. Celle-ci comporte en effet beaucoup de contradictions avec les arguments de la "raison" rationaliste mais il y a là infiniment moins de "ténèbres" que ne le clamaient par les Lumières.

***

Les grands saints orthodoxes connaissaient déjà l’origine glorieuse de saint Denis de Paris. Dans leurs œuvres ils confirmèrent l’authenticité de l’antique légende parisienne sur le premier évêque de Paris.

Saint Méthode, patriarche de Constantinople, fut l’auteur de la première biographie de saint Denis l’Aréopagite en grec qui comprenait un récit de son martyre à Lutèce (aujourd’hui Paris).

Saint Michel le Syncelle qui souffrit des iconoclastes fut l’auteur d’un Panégyrique de saint Denis l’Aréopagite: il admirait la mort glorieuse du premier évêque d'Athènes.

Saint Siméon le Métaphraste, auteur remarquable des "Vies des saints", après avoir étudié les sources sur la vie de saint Denis l’Aréopagite, inclut dans sa biographie un récit sur l'apostolat de Denis sur le sol gaulois.

Saint Démétrios de Rostow, hiérarque de l’Église, fut l’auteur éminent du répertoire le plus complet des vies de saints. Il connaissait les doutes qui circulaient déjà en l’Occident sur l’identité du premier évêque de Paris avec Denis l’Aréopagite. Mais il parla toutefois dans la biographie de saint Denis d’une "page occidentale" de sa vie en révélant également le miracle de "céphalophorie" (port de tête) qui suscita tant de racontars et de perplexité chez les savants et penseurs de l’époque moderne.

 

***

Après que le 19 octobre 1997 pour la première fois depuis bien des années un molébène fut célébré par le clergé orthodoxe à la basilique Saint-Denis, l’archiprêtre Marc-Antoine initia les pèlerins français assistant à l’office aux fondements de la doctrine orthodoxe sur les saintes reliques.

Les saintes reliques sont d’une part un indice de la présence de nos patrons célestes parmi nous, ici-bas. D’autre part, imprégnées de la grâce reçue par ces saints pour leurs exploits terrestres, leurs reliques deviennent elles-mêmes une source de miracles, une aide moyen puissante à tous les croyants dans leur vie spirituelle.

L’initiation à la glorieuse vie de saint Denis de Paris, à l’histoire de sa vénération fit forte impression sur les pèlerins qui visitèrent la basilique Saint-Denis.

La plupart des orthodoxes vivant en Occident sont d’origine russe ou grecque. Pour ceux d’entre eux qui entendirent parler de saint Denis ce jour-là, il fut particulièrement réconfortant de savoir que le fondateur de l’Église à Paris était originaire d’Orient. Et pour les Parisiens orthodoxes c’est une découverte réjouissante que le patron céleste de la monarchie française et de leur nation ne fut nul autre que le disciple de l’apôtre qui atteignit le troisième ciel, qui passa lui-même par l’esprit les portes célestes, père universel saint Denis l’Aréopagite.

Ayant près de nous des alliés spirituels invisibles, prions, chers frères et sœurs, pour que saint Denis se souvienne comme par le passé de la France et de son peuple, pour qu’il nous pardonne notre négligence envers ses saintes reliques, notre oubli de sa mémoire et de ses préceptes salutaires.

 

Ô saint Denis, prie Dieu pour nous !

Diacre Nicolas Nikichine

 

*La galerie d'images, dédié à Saint Denis l'Aréopagite

 

date de publication : 10/05/2003

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Sur les Pas des Saints - dans Saint Denis
commenter cet article

commentaires