Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre

Marie.jpeg
" Marthe, pensez-vous que la France ait encore un avenir spirituel ?"
Elle a poussé une sorte de cri et a dit : "Ah, ça j'y crois beaucoup !" Elle l'a dit avec une force dans la voix, comme une jaillissement de son coeur....  
PERE BERNARD PEYROUS   

L’arc-en-ciel de la vocation chrétienne est devenu presque infini ; l’éventail des réalisations de la sainteté le sera tout autant.

Mgr Jean-louis Bruguès, o.p. 

 

Jean-Paul II et la France envoyé par paristocrate 

Biographie de Jean-Paul II envoyé par paristocrate 

Benoit-XVI.jpg 

"La chose la plus horrible dans notre monde aujourd'hui, c'est la communion
dans la main"
(Mère Teresa, 23 mars 1989, dans The Wanderer, Pakistan).

Texte libre

imTOU.jpg 

Joli chemin n’allonge pas 

 Prière ne retarde pas, 

Et aumône n’appauvrit pas.   

 

Sous le pommier,

Proverbes de la Terre,

par Henri Pourrat,

éd Dominique Martin Maurin 

 

 ___________________________ 

J'ai rêvé que la vie est joie.
Je me suis réveillé et j'ai vu

que la vie est devoir.
J'ai accompli mon devoir et

j'ai réalisé que le devoir est Joie.  

Tagore 

JMJ SYDNEY 2008
envoyé par Le_Bon_Larron

 ____________________________

 La science prétend aujourd’hui que l’univers est vide et muet Je ne crois pas que l’univers soit muet, je crois plutôt que la science est dure d’oreille…

L’œil qui scrute, qui analyse,
qui dissèque, doit être réconcilié avec l’œil qui vénère et qui contemple…


Il nous faut apprendre maintenant
à vivre en pratiquant à la fois la science et la poésie ;
Il nous faut apprendre à garder 
les deux yeux ouverts en même temps

Hubert Reeves (Il y eut un matin ) 

 


Saint(e)s envoyé par Le_Bon_Larron 
  

Cantique des trois enfants dans la fournaise (Daniel 3, 51 sq, extraits)

Toutes choses germant sur la terre, bénissez le Seigneur !
Sources et fontaines, bénissez le Seigneur !
Vous tous, oiseaux du ciel, bénissez le Seigneur !
Vous tous, bêtes et bestiaux, bénissez le Seigneur !
Vous, enfants des hommes, bénissez le Seigneur !
Vous, saints et humbles de cœur, bénissez le Seigneur !
A Lui haute gloire, louange éternelle!


"Je vous donnerai, dit Jérémie, des pasteurs selon mon coeur." (3,15)

Archives

22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 21:10
Saint Colomban (vers 540-615), un père fondateur de l’Europe
Le périple européen de saint Colomban, de l’Irlande jusqu’à l’Italie, est jalonné de fondations monastiques à la fin du 6e siècle et au début du 7e siècle. La biographie du moine irlandais et l’approche historique de son œuvre témoignent de la rencontre, parfois difficile mais toujours féconde, de cultures diverses du haut Moyen Âge
Les sources principales
Vita Columbani et discipulorum eius : récit hagiographique rédigé entre 639 et 642 par Jonas, moine de Bobbio ; en dépit des limites inhérentes à ce genre de littéraire, le texte de Jonas reste la source majeure sur Colomban. Les écrits de Colomban : 18 instructions ou sermons, 6 lettres, 6 poèmes deux règles, la Règle des moines  (guide spirituel) et la Règle conventuelle (code disciplinaire), et un Pénitentiel (destiné principalement aux laïcs).Les Actes des conciles mérovingiens. De rares données archéologiques
Colomban le marcheur de Dieu
Né (vers 540) dans le comté de Leinster en Irlande, formé à la vie cénobitique principalement dans le monastère récemment fondé de Bangor (banlieue actuelle de Belfast), Colomban, bien que doté d’une formation classique, est définitivement imprégné de la culture et de la spiritualité gaéliques de son île, que les Romains eux-mêmes ne parvinrent jamais à conquérir. De là viennent assurément son attachement viscéral à la peregrinatio pro Christo, à l’alternance des périodes de vie cénobitique et érémitique, à l’importance du travail manuel, de l’ascèse et de la pénitence, mais aussi son indépendance envers l’épiscopat et sa fidélité indéfectible à la date de Pâques insulaire, voire à la forme de la tonsure monastique 
Le succès rapide de sa mission évangélique sur le continent, commencée dans les années 580 avec une douzaines de moines irlandais, manifeste une certaine aptitude à l’acculturation (que démontre sa maîtrise de la langue latine), mais témoigne aussi de réelles qualités humaines et spirituelles qui transparaissent dans la vie fraternelle de la communauté, dans le talent oratoire de son abbé mais aussi dans le souci permanent d’accueillir ceux qui, riches ou pauvres, sont à la recherche de soins médicaux ou de nourriture, de travail ou de protection, d’instruction ou du sens de leur vie. 
Moine et prophète, solitaire ou prédicateur, Colomban ne craint pas les conflits lorsque sa conception de l’exigence évangélique est mise en cause : rejetant toute « langue de bois », il se heurte alors durement aux dirigeants religieux et politiques de la Gaule, particulièrement au roi Thierry de Bourgogne et à sa grand-mère, la reine Brunehaut. Condamnés à l’exil en 610, Colomban et ses vieux compagnons irlandais entreprennent alors un périple de plus de deux années à travers les pays actuels que sont la France (traversée de Luxeuil à Nantes puis de Nantes à Metz), l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche et l’Italie, lieu de la dernière fondation, Bobbio, où Colomban achève son pèlerinage terrestre en 615.
Luxeuil et les fondations vosgiennes
 Au cours des quelque vingt années (v.590 à 610) passées au pied des Vosges, Colomban fonde trois monastères pour répondre à un afflux croissant de postulants : Annegray, Luxeuil et Fontaine. Implantés dans une zone-frontière entre Austrasie et Burgondie, en des sites dotés d’eau, de terre fertile et de matériaux de construction (bois mais aussi pierres recyclables d’édifices gallo-romains), les trois établissements que dirige simultanément Colomban nous échappent en bonne partie quant à l’effectif des religieux (Jonas cite seulement soixante moines travaillant la terre à Fontaine) et à leur organisation matérielle. Obéissance et discrétion, prière constante (collective et individuelle), pureté parfaite et travail manuel (déprécié par l’esclavage antique) caractérisent la vie des moines venus se placer sous la houlette de Colomban.
Colomban, « citoyen du monde » :    par les influences reçues et transmises dans sa « Règle des moines » : celle des saints Pâcome, Cassien et Benoît de Nursie,   par l’étendue des territoires parcourus    plus encore, par l’importance de l’essaimage colombanien qui, par delà la mort du saint irlandais, provoque l’éclosion de plus de quarante monastères en Europe occidentale,    par son élévation d’esprit : Si tollis libertatem, tollis dignitatem.
La vie De la naissance à l''exil"
Columban ( ou Colomban, en latin Columbanus) naît exactement la même année qui voit mourir le père des Bénédictins, Benoît de Nursie. Son nom est classique en Irlande, et signifie colombe. On connaît par les écrits de Bède un certain Columban né vers 521 et fondateur des monastères de Derry, Durrow et Iona (Bède : Histoire Ecclésiastique, III, 4), il s'agit d'un autre Columban, auteur du fameux Cathach. Sa vie a été écrite par Jonas, un moine italien de l'abbaye de Bobbio, vers 643. Cet auteur a vécu pendant l'abbatiat d'Attala, le successeur immédiat de Columban, et ses informateurs avaient été les compagnons du saints. l'historien Mabillon, dans le deuxième volume de son "Acta Sanctorum O.S.B."restitue cette biographie, avec une annexe sur les miracles du saint, écrit par un membre anonyme de l'abbaye de Bobbio. Né d’une mère chrétienne, il fut confié, selon la coutume irlandaise, à un fer leighinn (homme lisant), de qui il apprit le latin. Son éducation littéraire et sa formation religieuse furent acquises au sein des monastères de Clauin Inis ( "île penchée") et Bangor. Il était de belle allure, et dut ainsi être exposé aux tentations charnelles avec plusieurs femmes. Finalement, il s'estconfié à une religieuse, qui lui a tenu ce langage : " Il y a douze ans je me suis enfui du monde et me suis fermé dans cette cellule. Ne vous rappelez-vous pas ce qui est arrivé à Samson, David et Solomon, tous détournés de la bonne voie pour l'amour des femmes ? Il n'y a donc aucune sécurité pour vous, jeune homme, sauf à vous échapper." Sagement avisé, Columban écoute ce conseil et se retire du monde. Il rencontra semble t-il l'opposition de sa mère, qui s'efforça de le retenir en se mettant au travers de son chemin, mais, dominant sa compassion, il laissa sa mère prostrée et s'en alla pour toujours de la maison. Son premier maître fut l'abbé Sinell de Cluaninis (Clonard) à Lough Erne. Sous sa bienveillance il composa un commentaire des Psaumes. Puis il partit de lui-même au monastère renommé de Bangor, qui à avait ce temps-là Comgall pour abbé. Là il embrassa l'état monastique et mena en ces lieux plusieurs années de vie fervente, faite de prières et d'étude. Vers quarante ans, il lui parut entendre la voix de Dieu, lui proposant de prêcher l'Évangile dans les pays étrangers. Son abbé refusa de le laisser partir, mais il finit par lui donner son consentement. Il part ainsi vers le continent, douze compagnons avec lui : Attala (saint), Columban le jeune, Cummain, Domgal, Eogain, Eunan, Bile (saint), Gurgano, Libran, Lua, Sigisbert et Waldoleno. Le groupe fait une halte en Grande-Bretagne, vraisemblablement sur la côte écossaise, puis arrive sur les côtes franciques, vers 585.
Les fondations monastiques
Ce débarquement est le début d'une dynamique de ferveur dont le continent avait bien besoin : le désarroi, le trouble jeté par société les incursions barbares, agitaient autant la société civile gallo-romaine que la société religieuse. Les prédicateurs irlandais allaient redonner un nouvel élan à la vie religieuse, par leur ardeur, leur goût de l'étude, du dépassement. Leur réputation arrive tout naturellement aux oreilles des princes, en particulier celles de Gontran, roi de Bourgogne. Gontran l'accueille favorablement à sa cour, l'invitant même à demeurer dans sor royaume. Il lui octroie un domaine dans les solitudes des montagnes vosgiennes et c'est là, à la place de la forteresse romaine en ruine d'Annegray (sur la commune actuelle de Voivre, en Haute-Saône), que Columban fondera son premier monastère. Dans cette retraite, l'abbé et ses moines mèneront une vie des plus simples, se nourrissant souvent de plantes forestières, de baies et d'écorces de jeunes arbres.
La renommée du monastère se fit vite grandissante, et nombreux sont ceux, paysans ou nobles, qui demandèrent à y entrer ou qui y vinrent pour guérir leurs maux par les prières. Cependant, Colomban cultivait la solitude en se retirant souvent dans une caverne située à sept milles de là, se servant d'un de ses moines pour établir le contact entre lui et la communauté qui, année après anné, devenait de plus en plus importante. En conséquence, Columban obtint en 590 du même roi Gontran le château gallo-romain de Luxeuil, distant d'environ huit milles d'Annegray. Mais bientôt, celui-ci ne tarda pas à manquer de place pour accueillir tous ceux qui aspiraient à la vie monastique. Un troisième monastère est donc érigé à Fontaines.
Colomban demeurait abbé des trois communautés qu'il avait fondées. Pour elles, il écrivit sa propre Règle, inspiré des coutumes de Bangor et, plus encore, de la culture celtique dont il était issu.Le fondateur de Luxeuil instaura, d'autre part, la laus perennis (Montalembert, les Moines de l'Ouest II, 405).
Les temps difficiles
Colomban demeura en France presque vingt ans, et il serait probablement resté encore longtemps, si les évêques gaulois ne lui avaient mis les bâtons dans les roues.
Il faut dire que Colomban n'allait pas par quatre chemins : Il n’avait pas, par exemple, pris la peine de solliciter l’autorisation de l’ordinaire de Besançon pour y établir ses établissements monastiques, comme l’y obligeaient les conciles d’Agde (506) et d’Epaonne (517), qui ne faisaient que préciser les directives du concile de Chalcédoine (451), qui avait subordonné la fondation des monastères à la permission de l'évêque local, soumettant ainsi les actions individuelles à la bienveillance (ou au contrôle) du clergé. Ce fait avait pourtant été toléré, probablement parce que Colomban était protégé par la bienveillance des grands de Bourgogne. Mais, d'une part, les évêques n'en purent plus de supporter les libertés que prenait de jour en jour l'abbé irlandais, sans compter que sa renommée grandissante devait leur causer beaucoup de jalousie et leur faire de l'ombre, et, d'autre part, Columban s'était permis de reprocher à Thierry II, petit-fils de la reine Brunehaut, son concubinage, ce qui pouvait porter préjudice aux ambitions de la reine, car il est à l'origine de l'expulsion de Columban des terres burgondes. Avant cela, pour comprendre ce qui vient d'être dit des libertés prises par Colomban, il faut préciser que le monachisme irlandais ne se soucie pas beaucoup des évêques. En Irlande, les frontières entre abbaye et évêché ne sont pas claires, le concept de siège épiscopal non plus, et les limites mêmes des charges abbatiales ou épiscopales ne sont pas établies une fois pour toutes.
  Thierry II était placé complètement sous le joug de sa grand-mère, Brunehaut. A la mort du roi Gontran, la succession est passée à son neveu, Childebert II (570-596), le fils de Brunehault. À sa mort, ce dernier laissait deux fils, Théodebert II et Thierry II, tous les deux mineurs. A Théodebert échut l'Austrasie, à Thierry, la Bourgogne, mais Brunehault s'était constituée leur tutrice et ainsi, tenait de fait les rênes des deux royaumes. S'étant entièrement vouée au pouvoir, elle encouragea Thierry à demeurer dans le concubinage, afin de n'avoir pas de rivale. Thierry, cependant, avait une vénération pour Columban et le visitait souvent. À ces occasions le saint l'avertit de ses fautes, et le réprimanda en vain. Brunehaut entra alors dans une colère noire, et mit de son côté les ecclésiastiques et les grands du royaume pour accuser Colomban de ne pas respecter les usages du pays.
L'abbé irlandais prend soin, par exemple, d'établir une hostellerie à côté du cloître et d'interdire l'accès de ce dernier. Il entre à ce sujet en conflit avec le roi Thierry II , mais surtout, les évêques s'irritèrent de son entêtement à conserver le calendrier pascal différent du rite romain. Pourtant, Colomban avait bien accepté certaines décisions pris lors des conciles cités plus haut, concernant l'autorité des évêques sur les abbés, sommés de se présenter périodiquement devant leurs évêques pour recevoir conseils ou réprimandes, chose pourtant inconnue dans l'église celtique. Il les avait peut-être acceptées, mais un peu trop rapidement sans doute car, pendant l'année 602, il ne se présenta pas à une convocation des évêques qui le mandèrent pour le juger. Pour toute réponse, il leur fit une lettre où il parlait tout à la fois de charité, de liberté et de révérence : une lettre dont le ton dut sonner bien étrangement aux oreilles des prélats continentaux. Par ailleurs, il se permit de conseiller aux ecclésiastiques de tenir plus souvent des synodes et de s'occuper de questions aussi importantes que la date de Pâques, dont on peut aisément comprendre ce qu'il en pensait : "Je ne suis pas l'auteur de cette divergence. Je suis venu ici comme un pauvre étranger pour la cause du Christ, notre Sauveur. Je demande une seule chose de vous, très saints Pères, c'est de me permettre de vivre dans le silence de ces forêts, près des os de dix-sept de mes frères disparus."
Mais les évêques ne furent pas émus de son innocence et de sa simplicité. Ils persistèrent de croire et d'affirmer qu'il était dans l'erreur. Columban répondit à ces attaques selon la règle de saint Patrick, en soumettant la question au pape, qui était à l'époque Grégoire le Grand qui ne recut pas se smissives et mourut en 604. Cette lettre défendait avec autant de douceur que de liberté la tradition celtique. Tout comme celle adressée à son successeur Boniface IV, dont la réponse a été perdue, alors même que Columban se trouvait en Italie, hors de la juridiction des évêques francs.
  Pour toutes les raisons que nous avons évoquées, Colomban est sommé par Thierry de se conformer aux usages du pays, chose qu'il refusa, et qui lui valut de se faire emprisonné à Besançon, vers 610. Cependant'il réussit à retourner à Luxeuil. à cette nouvelle, Brunehault entre dans une colère épouvantable et chasse le moine irlandais, escorté par des soldats jusqu'à Nantes, où un bateau devait le ramener dans son pays natal. La reine fut vexée par l'interdiction que Colomban lui avait faite d'entrer dans ses monastères en tant que femme.
  Sur le chemin de retour il visite le tombeau de saint Martin et envoie une lettre de mauvais augure à Thierry, lui annonçant sa mort et celle de sa progéniture dans les trois ans à venir. Il en voir une autre lettre à sa communauté, qu'il confie à Attala. Quand il finit par s'embarquer pour l'Irlande, une tempête refoule son bateau vers la terre
 
Colomban en Suisse
Colomban décide de partir vers la Neustrie, chez le roi Clothaire, où il est bien accueilli. Mais Colomban se jette à nouveau sur les routes. Continuant son périple à travers la Gaule, rencontra Chagnéric, père de Faron (futur évêque de Meaux et protecteur des Scots), de Cagnoald (futur évêque de Laon) et de Fara ( fondatrice de Faremoutiers). Il rencontra également à Pipimisium le seigneur Authaire, haut fonctionnaire royal, père d’Adon, (futur St Ouen et évêque de Rouen) et de Radon (chargé des trésors de Dagobert et devenu moine).
 En 611, il est à la Cour d'Austrasie, à Metz, où règne Théodebert qui, à son tour, lui fait bon accueil. Mais ce n'est pas encore là que Colomban se fixera. Il fit une brève apparition à Annegray, pour confirmer la responsabilité de St Eustaise sur Luxeuil et choisir quelques moines qui devaient l’accompagner en Suisse et en Italie : St Gall, St Cagnoald et St Jonas de Suze (ou de Bobbio). Avec eux, il partit évangéliser les Alamans et les Suèves.
Colomban demanda à Theudebert la permission de traverser ses territoires.  "Theudebert lui demanda de bien vouloir fonder un monastère sur son royaume afin de répandre le christianisme parmi son peuple. Theudebert sembla avoir une préférence pour Bregenz. Ceci explique peut-être le détour par le lac de Zurich pris par Saint Colomban et ses moines. La petite communauté arriva à Bâle vers 611 en venant par voie fluviale sur le Rhin,. Là, le moine Ursian se sépara du groupe et alla dans le Jura fonder un ermitage. Cet ermitage fut à l’origine de l’abbaye de Saint-Ursanne. De Bâle, les moines remontèrent le Rhin et ensuite l’Aar jusqu’au confluent de la Limmat. Fatigués de ramer les moines décidèrent de poursuivre leur voyage à pieds en longeant la Limmat jusqu'à Zurich et ensuite le bord du lac de Zurich.
Arrivés à Tucconia ils décidèrent d’y séjourner. Tucconia devait rappeler aux moines irlandais leur patrie. Cette région se trouve entre des collines très vertes près d’un lac. Ils s’établirent sur la hauteur d'Egg au sud-ouest de Tucconia. D'ailleurs on peut encore aujourd’hui y trouver un fontaine du nom de Gallusbrünnlein, c'est-à-dire petite fontaine de Gall.

Les habitants de la région étaient  partiellement ou complètement déchristianisés. Ils avaient des manières rudes et cruelles. En effet, les Alamans et les Suèves avaient imposé aux habitants leur culte aux idoles. Les moines commencèrent aussitôt leur travail d’évangélisation. Malheureusement les gens de la région n’étaient pas très ouverts à la Bonne Nouvelle apportée par les moines. Ils continuèrent à adorer leurs idoles et à leur apporter des offrandes.  Saint Colomban n’hésita pas à détruire ces offrandes. Saint Gall, disciple de saint Colomban, brûla les idoles installées dans l’église. Suite à ces actes, les habitants de Tucconia décidèrent de tuer saint Gall et de fouetter saint Colomban, pour ensuite l’expulser. Heureusement quelques habitants avertirent saint Colomban qui réussit à s’enfuir à temps. En quittant Tucconia, saint Colomban prophétisa que les habitants de Tucconia seraient battus par une épée étrangère et ensuite christianisés. Colomban avait bien vu : 30 ans plus tard, vers 650, des Francs ou des Alamans arrivèrent dans la région, vainquirent les habitants et les christianisèrent.
Fuyant Tucconia, les moines partirent pour la Turgovie qui était incorporée à l’Austrasie depuis 610..
Par Arbon les moines arrivèrent enfin à Bregenz,  importante étape de ce long voyage. Là, ils trouvèrent une petite église de sainte Aurelia dans laquelle les Alamans avaient installés des images et statues d’idoles. Aussitôt ils entreprirent de détruire ces idoles et de rendre la chapelle à sa destination originelle, le culte au Dieu Unique et Véritable.

Gall (Cellach en gaélique, Gallus en latin), s’était déjà rendu sur la frontière rhénane où il s’était frottéé aux langues étrangères. Etant tombé malade et, ne pouvant continuer le voyage, il demanda à Colomban la permission de s’arrêter pour finir, en cet endroit, une vie retirée du monde. Non loin du lac de Constance, il se fit bâtir une cellule et mourut quelques années plus tard. Au lieu où se produisirent ces faits, s’érigea, en son honneur, une église transformée, au VIIIe siècle, en abbaye dédiée à son nom. Thierry avait vaincu Théodebert, ce qui lui offrait le Rhin supérieur, et qui donnait sans doute quelque craintes justifiées à Colomban.

Saint Gall  lui demanda de pouvoir rester dans la région afin de continuer le travail des moines, ce qui fut accordé. En revanche, il se vit interdire de célébrer la Divine Liturgie du vivant de son maître. Saint Gall rétabli, il construisit un ermitage qui devint le monastère sur lequel fut fondée la ville de Saint-Gall. Il obéit cependant et ne célébra pas jusqu'à la naissance au ciel de saint Colomban. Ce dernier, sentant la mort approcher, fit parvenir à saint Gall son bâton, signe de bénédiction et de réconciliation.
Saint Colomban et ses moines partirent pour Coire

Les moines atteignirent Milan après un dur voyage à travers les alpes."

___________________________________________________
Le bout du voyage : Bobbio

Colomban arrive à Milan en 612, accueilli avec bonté par Aigulf et Théodelinde, roi et reine des Lombards, ce qui ne l'empêche pas de réfuter très vite leur arianisme, dans un traité. Il écrit au Pape Boniface à la demande du Roi des lettres qui ont trait à la controverse des "Trois Chapitres". Ces trois chapitres sont ceux de théologiens orientaux suspectés de nestorianisme et la controverse ayant opposé le pape Vigile, qui condamne lesdits chapitres, à une partie de l'épiscopat italien.Il est à la fois humble : il demande au pontife d'excuser "l'écossais stupide" qui lui écrit de la part d'un roi, le reconnaît pour chef du monde et de toutes les églises, et franc à la fois. Il met à mal la mémoire du pape Vigilius, déclare que son franc parler est chose commune et demande au pape de convoquer un concile pour prouver son orthodoxie.

Le roi Aigulf donne au moine irlandais une terre entre Milan et Gênes, près de la rivière Trébie , dans un défilé des Appenins : c'est Bobbio, qui sera sa dernière halte. Sur sa route, il apportera la fois au village de Mombrione, qui se changera en San Colombano, nom qu'elle a conservé jusqu'aujourd'hui (2001). A Bobbio, Colomban répare une église Saint Pierre à moitié en ruine et fonde une abbaye qui conservera farouchement son orthodoxie durant des siècles.

Colomban fit un voyage à Rome où il aurait recueilli du pape Grégoire de nombreuses reliques. Il y a ainsi, dans la basilique Saint-Pierre de Rome, un lieu traditionnellement choisi pour avoir accueilli la rencontre de Grégoire et de Colomban.

L'abbé de Bobbio reçut un jour des messagers de Clothaire, qui l'invitait à regagner la Neustrie puisque ses ennemis étaient morts, mais il préféra rester à Bobbio et demanda au roi de toujours protéger sa communauté de Luxeuil.

Puis il se prépara à mourir en se retirant dans une caverne, située au flanc d'une montagne d'où sort la Trébie et où, selon la tradition, il aurait élevée une chapelle dédiée à la Vierge. Il fut enterré dans l'abbatiale de Bobbio et, comme toujours après la mort d'un saint, son intercession fut à l'origine de nombreux récits de miracles. En 1482 ses reliques ont été placées dans un nouveau lieu saint et placées au-dessous de l'autel de la crypte, où ils sont toujours vénérés. La sacristie à Bobbio possède une partie du crâne du saint, son couteau, la tasse en bois, la cloche et un antique reliquaire, contenant autrefois des reliques sacrées et qui passe pour avoir été donné lui par le pape Grégoire. 

Ses principaux miracles répertoriés sont : d'avoir nourri un moine malade et guéri la femme d'un bienfaiteur, d'avoir échappé à une meute de loups qui l'encerclait, de s'être fait obéir d'un ours qui a évacué sa tanière à son ordre d'avoir fait jaillir une fontaine d'eau près de sa caverne,d'avoir rempli le grenier à blé de Luxeuil quand il était vide, d'avoir multiplié du pain et de la bière pour sa communauté, d'avoir guéri des moines malades, qui ont quitté leurs lits à sa demande pour récolter la moisson,d'avoir rendu la vue à un aveugle d'Orléans, d'avoir détruit par son souffle un chaudron de bière préparé pour un festival païen,d'avoir apprivoisé un ours et de l'avoir attelé pour le labour

Dans les représentations du saint, Columban est souvent représenté barbu, avec la casule monastique. Il peut tenir dans sa main un livre (ou un fouet, dureté de la règle oblige), parfois avec l'inscription "Christi simus, non nostri",et une crosse. Il peut être debout au milieu des loups. Parfois il est dépeint en train d'apprivoiser un ours, ou avec des rayons de soleil sur sa tête ou sur sa poitrine.

___________________________________________________
L'oeuvre

Columbanus nous a laissé plusieurs ouvrages. Il a d'ailleurs étudié jusqu'à la veille même de sa mort. Ses travaux principaux, d'après Migne,:- Pénitence- Dix-sept Sermons courts- Six Épîtres- Poésies latines- Une Règle Monastique, beaucoup plus synthétique que celle de saint Benoît, en dix chapitres seulement. Six premiers d'entre-eux concernent l'obéissance, le silence, la nourriture, la pauvreté, l'humilité et la chasteté. Le chapitre VII traite des offices. Le chapitre X traite des pénitences pour diverses infractions et c'est là que la Règle de Columban diffère largement de celle de saint Benoît. La flagellation ou le jeûne sont requis pour les moindres fautes.

Comme chez Benoît, beaucoup de temps était consacré à toutes sortes de travaux manuels. Ceux-ci partagent beaucoup de choses en commun avec la règle Bénédictine, sauf que la question du jeûne est plus développée est stricte chez Colomban. Cette règle, beaucoup plus rigide que celle de Benoît, car issue du monde celte, âpre, rigide, combattif. Elle insistait fort sur l'ascèse corporelle, les jeûnes sévères, les fustigations et les séjours dans l'eau glacée pour soumettre le tempérament ardent des moines. Colomban serait sans doute taxé aujourd'hui d'extrêmiste, et ce à juste titre, mais ce fut là, sans doute, la raison principale à la fois de son succès et de son échec : A une époque qui manquait de points d'ancrage, la règle de Colomban proposait aux moines des cadres stricts, une ligne de conduite propre au dépassement de soi. Ainsi, quoiqu'il soit postérieur à Benoît, c'était bien la règle de Columban qui était observée dans les nombreux monastères fondé par l'évangélisateur irlandais, ainsi que ceux dont ils déterminèrent la fondation, particulièrement en Normandie et dans le Nord, la Thérouanne et l'Est, correspondant aux grands domaines Mérovingiens, la Neustrie et l'Austrasie : Fontenelle, Jumièges, Annegray, Luxeuil, Remiremont, Lure, Jouarre, Rebais, Lagny, Montier-en-Der, Saint-Etienne-de-Marmoutier, Haslach, Laon, Hautvillers, Saint-Omer, Saint-Vaast, Saint-Bertin, Saint-Valery-sur- Somme, Saint-Gall en Suisse, Bobbio en Italie .

La Règle
de saint Columban a été approuvé de par le Conseil de Mâcon en 627, mais, comme il l'a été dit ailleurs, elle commença d'être supplantée avant la fin du siècle par celle de Benoît. Pendant plusieurs siècles, et dans certains monastères, les deux règles ont été observées conjointement.

Saint-Etienne-de-Marmoutier
: Abbaye d'Alsace fondée par un disciple de Saint Colomban vers 589, peut-être par Saint Léobard.. C'est l'abbé Maur, au IXe siècle qui la relèvera de la ruine tout en lui donnant son nom Haslach : Fondée dans le dernier tiers du VIIe s. par un Irlandais, compagnon probable de Columban, saint Florent (+ v. 600
 

Partager cet article

Repost 0
Published by Marie Laure CARDON - dans Saint Colomban
commenter cet article

commentaires