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Texte libre

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" Marthe, pensez-vous que la France ait encore un avenir spirituel ?"
Elle a poussé une sorte de cri et a dit : "Ah, ça j'y crois beaucoup !" Elle l'a dit avec une force dans la voix, comme une jaillissement de son coeur....  
PERE BERNARD PEYROUS   

L’arc-en-ciel de la vocation chrétienne est devenu presque infini ; l’éventail des réalisations de la sainteté le sera tout autant.

Mgr Jean-louis Bruguès, o.p. 

 

Jean-Paul II et la France envoyé par paristocrate 

Biographie de Jean-Paul II envoyé par paristocrate 

Benoit-XVI.jpg 

"La chose la plus horrible dans notre monde aujourd'hui, c'est la communion
dans la main"
(Mère Teresa, 23 mars 1989, dans The Wanderer, Pakistan).

Texte libre

imTOU.jpg 

Joli chemin n’allonge pas 

 Prière ne retarde pas, 

Et aumône n’appauvrit pas.   

 

Sous le pommier,

Proverbes de la Terre,

par Henri Pourrat,

éd Dominique Martin Maurin 

 

 ___________________________ 

J'ai rêvé que la vie est joie.
Je me suis réveillé et j'ai vu

que la vie est devoir.
J'ai accompli mon devoir et

j'ai réalisé que le devoir est Joie.  

Tagore 

JMJ SYDNEY 2008
envoyé par Le_Bon_Larron

 ____________________________

 La science prétend aujourd’hui que l’univers est vide et muet Je ne crois pas que l’univers soit muet, je crois plutôt que la science est dure d’oreille…

L’œil qui scrute, qui analyse,
qui dissèque, doit être réconcilié avec l’œil qui vénère et qui contemple…


Il nous faut apprendre maintenant
à vivre en pratiquant à la fois la science et la poésie ;
Il nous faut apprendre à garder 
les deux yeux ouverts en même temps

Hubert Reeves (Il y eut un matin ) 

 


Saint(e)s envoyé par Le_Bon_Larron 
  

Cantique des trois enfants dans la fournaise (Daniel 3, 51 sq, extraits)

Toutes choses germant sur la terre, bénissez le Seigneur !
Sources et fontaines, bénissez le Seigneur !
Vous tous, oiseaux du ciel, bénissez le Seigneur !
Vous tous, bêtes et bestiaux, bénissez le Seigneur !
Vous, enfants des hommes, bénissez le Seigneur !
Vous, saints et humbles de cœur, bénissez le Seigneur !
A Lui haute gloire, louange éternelle!


"Je vous donnerai, dit Jérémie, des pasteurs selon mon coeur." (3,15)

Archives

15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 11:00
Saint Augustin (354-430)
“ L'apôtre dit : il sera sauvé comme à travers le feu... On méprise ce feu à cause des mots "il sera sauvé". Il est certain pourtant que ce feu sauveur sera plus terrible que toutes les souffrances qu'un homme puisse endurer en cette vie. ”
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) “ Si les pauvres hommes pouvaient soupçonner ce que sont le purgatoire et l'enfer, ils préféreraient mourir dix fois que d'endurer de tels supplices un seul jour. ”
Sainte Véronique Giuliani (1660-1727) “ L'épouse du Crucifié ” entendit un jour la voix d'une jeune novice décédée du monastère de Florence:“ 0 sœur, puisque vous avez payé ma dette, je ne manquerai pas de prier pour vous et tout votre monastère. Si je pouvais retourner à la vie terrestre, je serais bien vite une sainte, et si les moniales de votre couvent savaient ce qu'est le purgatoire, elles sauraient vivre en vraies religieuses. Je vous le dis encore : que vos sœurs aient une idée du purgatoire, toutes alors seront des saintes.”
Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) “ De tant d'âmes qui furent montrées à Thérèse d'Avila, elle ne vit monter droit au ciel que trois, dont celle d'un géant de la pénitence, saint Pierre d'Alcantara. Les autres pénétraient dans la terre, disait-elle, et n'en ressortaient qu'une fois purifiées. ”
Sainte Marguerite-Marie (1647-1690) Elle vit un jour une religieuse décédée depuis longtemps : “ Elle me dit qu'elle souffrait beaucoup en purgatoire, mais que Dieu venait de lui faire souffrir une peine incomparable qui était la vue d'une de ses parentes précipitée en enfer. ”
Le saint Curé d'Ars (1768-1859) A la jeune cousine de Mme Gros, venue se confesser : “ Remerciez bien votre cousine de vous avoir amenée à Ars ; sans elle, vous seriez en enfer ”. Et après lui avoir indiqué les causes, une fois la confession terminée, il ajouta : “... Et puis, voyez, ma petite, comme nous sommes ingrats. Il y a dix ans que votre père souffre dans le purgatoire ; vous jouissez de sa fortune et vous ne songez pas à faire dire une seule messe qui le délivrerait. ”
Conciles Concile de Florence – 1439 X° Session (Juillet) : Décret d'union des Grecs avec les Latins. "Nous déclarons que les âmes des véritables Pénitents, morts dans la charité de Dieu, avant que d'avoir fait de dignes fruits de pénitence pour expier leurs péchés de commission ou d'omission, sont purifiés après leur mort par les peines du Purgatoire, et qu'elles sont soulagées de ces peines par les suffrages des Fidèles vivants, comme sont le Sacrifice de la Messe, les prières, les aumônes et les autres œuvres de piété, que les Fidèles font pour les autres Fidèles, suivant les règles de l'Eglise ; et que les âmes de ceux qui n'ont point péché depuis leur Baptême, ou celles de ceux qui étant tombés dans des péchés, en ont été purifiés dans leur corps, après en être sorties, comme nous venons de dire, entrent aussitôt dans le Ciel, et voient purement la Trinité, les uns plus parfaitement que les autres, selon la différence de leurs mérites ; enfin que les âmes de ceux qui sont morts en péché mortel, actuel, ou dans le seul péché originel, descendent aussitôt en enfer, pour y être toutes punies, quoiqu'inégalement."
Concile de Trente - 1545-1563 VI° Session (Janvier 1547) : Décret sur la justification (contre les Hérétiques) "Si quelqu'un dit qu'à tout pécheur pénitent qui a reçu la grâce de la justification, l'offense est tellement remise et l'obligation à la peine éternelle tellement effacée et abolie, qu'il ne lui reste aucune peine temporelle à payer, soit en cette vie, soit en l'autre dans le Purgatoire, avant que l'entrée au Royaume du Ciel puisse lui être ouverte, qu'il soit anathème." (Canon 30)
XXV° Session (Décembre 1563) : "Les Evêques auront un soin particulier que la foi et la créance des Fidèles, touchant au Purgatoire, soit conforme à la sainte doctrine qui nous en a été donnée par les Saints Pères, et qu'elle soit prêchée suivant leur doctrine et celle des Conciles précédents ; qu'ils bannissent des Prédications qui se font devant le Peuple grossier, les questions difficiles et trop subtiles sur cette matière, qui ne servent de rien pour l'édification ; qu'ils ne permettent point non plus qu'on avance ni qu'on agite sur ce sujet des choses incertaines, ou tout ce qui tient d'une certaine curiosité ou manière de superstition, ou qui ressent un profit sordide et messéant." Dictionnaire portatif des Conciles, Paris, Veuve Didot, 1747.
LE SAINT CURE D'ARS (1786-1859) Une dame avait perdu son mari, homme irréligieux, qui avait fini sa vie par le suicide. Inconsolable sur son sort, qu'elle croyait être la damnation éternelle, elle fut amenée par hasard à Ars et chercha à rencontrer le saint Curé pour l'interroger sur le malheureux défunt. Elle réussit à l'approcher et, avant même qu'elle eût pu lui dire un mot, le saint lui murmura à l'oreille : Il est sauvé... Oui, il est sauvé, insista-t-il. La pauvre femme fit un geste de la tête qui voulait dire : Oh ! ce n'est pas possible. Alors, d'un ton affirmatif encore :
“ Je vous dis qu'il est sauvé, qu'il est en purgatoire et qu'il faut prier pour lui... Entre le parapet du pont et l'eau il a eu le temps de faire un acte de repentir. C'est la très Sainte Vierge qui a obtenu sa grâce. Rappelez-vous le mois de Marie élevé dans votre chambre. Votre époux irréligieux ne s'y est point opposé ; il s'est même parfois uni à votre prière... Cela lui a mérité un suprême pardon. ”
Comment pourrai-je faire le tableau déchirant des maux qu'endurent ces pauvres âmes, puisque les saints Pères nous disent que les maux qu'elles endurent dans ces lieux semblent égaler les souffrances que Jésus-Christ a endurées pendant sa douloureuse Passion ? Le feu du purgatoire est le même que celui de l'enfer, la différence qu'il y a c'est qu'il n'est pas éternel. Ce feu est si violent qu'une heure semblent à ceux qui l'endurent des milliers de siècles. Si l'on pouvait comprendre la grandeur de leurs supplices, nuit et jour nous crierions miséricorde pour elles. Il faudrait que le bon Dieu, dans sa miséricorde, permît qu'une de celles qui brûlent dans les flammes parût ici à ma place, tout environnée des feux qui la dévorent et qu'elle vous fît elle-même le récit des maux qu'elle endure. Il faudrait qu'elle fît retentir cette église de ses cris et de ses sanglots. Peut-être enfin cela attendrirait-il vos coeurs ! “ Oh ! Nous souffrons, crient-elles ! Oh ! Nos frères, délivrez-nous de ces tourments : vous le pouvez ! Brûler dans un feu allumé par la justice d'un Dieu ! Souffrir des douleurs incompréhensibles ! Etre dévoré par le regret, sachant que nous pouvions si bien les éviter ! ”
Nous lisons dans l'Histoire ecclésiastique qu'un saint resta six jours en purgatoire avant d'entrer dans le ciel. Il apparut ensuite à un de ses amis, en lui disant qu'il avait enduré des souffrances si grandes qu'elles surpassaient toutes celles qu'ont endurées et qu'endureront jusqu'à la fin des siècles tous les martyrs réunis ensemble ! Oh ! Mon Dieu, que votre justice est redoutable pour le pécheur ! Cependant qui peut entendre sans frémir le récit de ce qu'on enduré les martyrs, chacun en particulier ? Les uns ont été plongés dans des chaudières d'eau bouillante, d'autres sciés avec des scies de bois ; celui-ci étendu sur un chevalet, déchiré avec des crochets de fer qui lui arrachaient les entrailles ; d'autres foulés aux pieds ; celui-là étendu sur des brasiers ardents, auquel il ne restait que ses os tout noircis et brûlés ; enfin d'autres ont été mis sur des tables garnies de lames tranchantes et qui perçaient de part en part ces innocentes victimes ! Peut-on bien penser à tout cela sans se sentir pénétré de douleur jusqu'au fond de l'âme ? Or une âme en purgatoire souffre encore plus que tous les martyrs ensemble ! Qui pourra donc y tenir ? Mon Dieu, mon Dieu, ayez pitié de ces pauvres âmes !
Mais ce n'est pas là tout leur supplice. Elles souffrent plus encore de la privation de la vue de Dieu. L'amour qu'elles ont pour lui est si grand, la pensée qu'elles sont privées de le voir par leur faute leur cause une douleur si violente que jamais il ne sera donné à un mortel d'en concevoir la moindre idée. Au milieu de ces flammes qui les brûlent, elles voient les trônes de gloire qui leur sont préparés et qui les attendent. Une voix semble leur crier : “ Ah ! Que vous êtes privés de grands biens ! Si vous aviez eu le bonheur de redoubler vos pénitences et vos larmes, vous seriez aujourd'hui assises sur ces beaux trônes tout rayonnants de gloire ! Oh ! Que vous avez été aveugles de retarder un tel bonheur par votre faute ! ”
Ah ! Mes amis, nous crient ces âmes, s'il vous reste encore quelque amitié pour nous, ayez pitié de nous ! Arrachez-nous de ces flammes : vous le pouvez ! Beau ciel ! Quand te verrons-nous ? Oh ! Si vous sentiez la douleur d'être séparés de Dieu. Cruelle séparation !
Hélas ! Quand de tels supplices ne dureraient qu'un jour, qu'une heure, qu'une demi-heure, cela paraîtrait infiniment plus long à ces pauvres âmes que des millions de siècles dans les supplices les plus rigoureux ! Pourquoi cela ? Le voici. Quand Dieu punit quelqu'un en ce monde, ce n'est que sous le règne de sa bonté et de sa miséricorde, car si Dieu envoie une infirmité, une perte de biens ou d'autres misères, tout cela ne nous est donné que pour faire éviter les peines du purgatoire ou pour nous faire sortir du péché. Dans l'autre monde, au contraire, Dieu n'est conduit que par sa justice et sa vengeance. Nous avons péché et nous avons passé le temps de sa miséricorde. Il faut que sa justice soit accomplie et sa vengeance satisfaite. “ Oh ! Qu'il est terrible de tomber entre les mains d'un Dieu vengeur ! ”
Au sein de leurs souffrances, si elles ne peuvent rien pour elles-mêmes, ces âmes peuvent beaucoup pour nous. Cela est si vrai qu'il n'y a presque personne qui ait invoqué les âmes du purgatoire sans avoir obtenu la grâce demandée. Cela n'est pas difficile à comprendre. Si les saints qui sont au ciel et n'ont pas besoin de nous s'intéressent à notre salut, combien plus encore les âmes du purgatoire qui reçoivent nos bienfaits spirituels à proportion de notre sainteté !Ne refusez pas cette grâce, disent-elles, ô mon Dieu, à ces chrétiens qui donnent tous leurs soins à nous tirer des flammes !
Oui, toutes les fois que nous aurons quelque grâce à demander, adressons-nous avec confiance à ces saintes âmes et nous sommes sûrs de l'obtenir. Quel bonheur pour nous d'avoir, dans la dévotion aux âmes du purgatoire, un moyen excellent pour nous assurer le ciel. Voulons-nous demander à Dieu la douleur de nos péchés ? Adressons-nous à ces âmes, qui, depuis tant d'années, pleurent dans les flammes ceux qu'elles ont commis. Voulons-nous demander au bon Dieu le don de persévérance. Invoquons-les : elles en sentent tout le prix, car il n'y a que ceux qui persévèrent qui verront Dieu. Dans nos maladies, dans nos chagrins, tournons nos prières vers les âmes du purgatoire : elles obtiendront leur effet.
In Sermon du Curé d'Ars pour la commémoraison des défunts.
C'est comme les hirondelles qui sont enfermées dans une chambre : Pauvres petites hirondelles ! Pauvres âmes du purgatoire ! Qui leur donnera la liberté après laquelle elles aspirent ? - Nous, si leur captivité nous touche ! D'après L. Tocanier, Souvenirs sur le Curé d'Ars.
SAINTE GERTRUDE (1256-1302) Sainte Gertrude eut un jour une révélation. Elle vit en esprit l'âme d'une religieuse qui avait passé sa vie dans l'exercice des plus hautes vertus. Elle se tenait en présence de Notre-Seigneur, revêtue des ornements de la charité ; mais elle n'osait lever les yeux pour le regarder. : “ Je ne suis pas entièrement purifiée des taches que mes péchés ont laissés après eux; et même si mon Dieu me permettait d'entrer librement dans le ciel dans l'état où je suis, je ne l'accepterais pas ; car si brillante que je puisse paraître à vos yeux, je sais que je ne suis pas encore une épouse digne du Seigneur. ” Cité in R.P. Faber, Tout pour Jésus, chap. IX.
Sainte Gertrude priait pour Frère Hermann, convers, récemment décédé. Cette âme lui ayant été montrée : “ Pour quelle faute, lui demanda-t-elle, souffrez-vous davantage ? - Pour ma volonté propre : même lorsque je faisais du bien, j'aimais mieux en faire à ma tête que de suivre l'avis des autres.” Comme Gertrude récitait pour lui l'Oraison dominicale, quand elle prononça ces paroles : “ Pardonnez-nous nos péchés comme nous pardonnons ”, cette âme prit un air plein d'anxiété et lui dit : “ Lorsque j'étais dans le monde, j'ai beaucoup péché pour n'avoir pas facilement pardonné à ceux qui avaient agi contre moi ; “ Cette âme a-t-elle acquitté maintenant tout ce qu'elle devait souffrir ? ” Le Seigneur répondit : “vos prières ne peuvent la secourir aussi promptement qu'elles le feraient si elle n'avait commis dans le monde cette faute de se montrer dure et inexorable et de ne pas fléchir sa volonté au gré de la volonté des autres, ne voulant pas accorder ce qu'elle n'avait pas dans sa volonté. ” Cité par le R.P. Saudreau, Les divines Paroles, Paris, 1914.
Le Seigneur répondit : “ Tu ne peux faire aucun travail ni aucune prière qui puisse apporter à une âme un si puissant secours, parce que cela ne peut s'obtenir tout à coup que par une affection d'amour semblable à celle que tu viens d'éprouver tout à l'heure. Or, c'est là une faveur qu'on ne peut avoir, à moins que je ne la donne. De même un tel secours ne peut être accordé à une âme après la mort, à moins que par une grâce spéciale elle ne l'ait mérité en cette vie. Mais sache qu'une telle peine peut être soulagée à la longue par les prières ou les travaux accomplis avec fidélité par les amis de cette âme. Ce temps est donc plus ou moins long, selon que ses amis y mettent pour elle plus de dévotion et plus d'amour, et aussi selon qu'elle l'a mérité durant sa vie. ” Cité par le R.P. Saudreau, Les divines Paroles, Paris, 1914.
Afin d'exciter le zèle de Gertrude en faveur des âmes du purgatoire, le Seigneur lui dit : “, j'accepte tout ce qui m'est offert pour la délivrance des âmes que j'ai rachetées de mon sang précieux; j'ai alors une occasion de les délivrer de leurs peines et de les conduire aux joies qui leur sont préparées de toute éternité. ” Gertrude : “ Combien vous est agréable la peine que se donnent ceux qui s'acquittent du Psautier en usage dans notre congrégation ? ” Il répondit : “ Elle m'est aussi agréable que si, de leur argent, ils me rachetaient moi-même de la captivité : chaque fois qu'une âme est délivrée par leurs prières. Et très certainement je leur rendrai cela en temps opportun, dans la mesure que comporte la toute-puissance de ma libérale bonté. ”
Dans la nuit de Pâques, Gertrude demandait au Seigneur de délivrer du purgatoire les âmes de ceux qui l'avaient aimé ici-bas d'un amour très fidèle, et, pour l'obtenir: “ Je vous offre, en union de votre très innocente Passion, tout ce que mon cœur et mon corps ont souffert dans mes continuelles infirmités. ” Alors le Seigneur lui fit voir la multitude d'âmes qui venaient d'être délivrées de leurs peines et lui dit : “ Je les donne toutes en dot à ton amour et l'on verra éternellement dans le ciel qu'elles ont été délivrées par tes prières, et ce sera pour toi un éternel honneur en face de tous mes saints. ”
SAINTE CATHERINE DE GENES (1447-1510) Les âmes qui sont en purgatoire ne peuvent vouloir ni désirer autre chose que d'y demeurer paisiblement parce qu'elles savent qu'elles y sont par un ordre très équitable de la justice de Dieu. Il leur est impossible, dans cet état, de faire aucun retour sur elles-mêmes, comme de dire : “ J'ai fait tel ou tel péché pour lequel je souffre maintenant ici : je voudrais ne l'avoir pas commis parce que je jouirais à présent des délices du paradis. ” Elles ne peuvent non plus dire : “ Celui-ci sortira d'ici avant moi, ou : j'en sortirai plus tôt que lui. ” Elles sont tellement abîmées en Dieu qu'elles ne peuvent ni en bien ni en mal former la moindre pensée d'elles-mêmes ou des autres qui puissent ajouter à leur tourment. Elles ne s'occupent qu'à considérer avec quelle bonté Dieu se conduit envers les hommes pour les attirer à lui. Elles ne peuvent ni vouloir ni désirer autre chose que l'accomplissement de la volonté de Dieu, qui est lui-même cette pure charité de laquelle elles ne peuvent s'éloigner. (chap. I)
Les âmes endurent dans ces lieux des tourments si grands et si terribles qu'il n'y a ni langue pour les exprimer ni entendement pour en concevoir la moindre étincelle.
L'âme est tellement embrasée du désir qu'elle a de posséder Dieu et d'être transformée en lui, que c'est en cela que consiste son principal tourment en purgatoire. Elle ne considère pas toutes ces pensées ni toutes ces flammes qui l'environnent : ce qui la tourmente et qui la brûle davantage, c'est cette ardeur violente qu'elle a de jouir de Dieu, sans pouvoir le satisfaire.
Il est incroyable quelle est la conformité de Dieu avec l'âme. Elle est telle que lorsque Dieu voit cette âme retourner à la pureté dans laquelle il l'a créée, il lui lance les rayons de son amour, de façon que cette âme est tellement transformée en Dieu qu'elle se voit n'être qu'une même chose avec lui. Et comme elle ne peut suivre cet attrait de Dieu, dont le moindre retard lui est si pénible, et que son instinct naturel et l'ardent désir qu'elle a d'aller à lui se trouvent empêchés, elle sent alors une peine qui est proprement la peine du purgatoire. (chap. II)
Quelle grande chose que ce purgatoire ! Pour moi, je l'avoue, je ne puis rien dire ni rien concevoir qui en approche. J'entrevois seulement que les peines qu'on y endure sont aussi sensibles que les peines de l'enfer. (chap. VIII)
Je ne crois pas qu'après la félicité des saints du paradis il puisse exister une joie comparable à celle des âmes du purgatoire. Une incessante communication de Dieu rend de jour en jour leur joie plus vive, et cette communication devient de plus en plus intime, à mesure qu'elle consume dans ces âmes l'obstacle qu'elle y trouve. Cet obstacle n'est pas autre chose que la rouille ou les restes du feu. Comme le feu du purgatoire va sans cesse le consumant, l'âme s'ouvre de plus en plus à la communication de Dieu. Qu'on ne croie pas cependant que la peine diminue : ce qui diminue c'est uniquement le temps de sa durée. Mais dans l'intime de leur volonté, ces âmes ne pourraient jamais se résoudre à dire que ces peines sont des peines, tant elles sont heureuses de la disposition de Dieu à laquelle leur volonté est unie par le lien de la pure charité. (chap. II)
Tu vois encore que ce Dieu d'amour, ce Dieu infiniment aimant, lance à l'âme certains rayons, certains éclairs embrasés qui sont si pénétrants qu'ils anéantiraient non seulement le corps, mais l'âme même, si c'était possible (ici-bas). Ces rayons et ces éclairs, dardés par l'amour infini de Dieu, produisent deux effets : ils purifient et ils anéantissent. Voyez l'or, plus il reste au creuset, plus il se purifie ; et on peut le purifier de telle sorte que tout ce qu'il a d'impur et d'étranger se trouve anéanti. L'amour de Dieu fait dans l'âme ce que fait le feu dans les choses matérielles : plus elle reste dans ce divin brasier, plus elle se purifie. Lorsque l'or a passé par le feu et qu'il a acquis le dernier degré de pureté qu'on puisse lui donner, il ne se consume plus et ne diminue plus jamais, quelque grand que puisse être le feu où on l'affine, parce qu'il ne se trouve plus alors aucun mélange de corps impurs et étrangers sur lesquels le feu puisse agir. Ainsi en est-il de l'âme qui se purifie dans le feu de l'amour divin. Dieu l'y retient jusqu'à ce que ce feu ait consumé en elle toute imperfection et lui ait communiqué le degré de perfection qu'il lui destine de toute éternité. Et quand Dieu, de degré en degré, a enfin élevé jusqu'à lui cette âme purifiée, elle demeure désormais impassible, parce qu'il n'y a plus rien en elle que le feu puisse consumer; et supposé que dans cet état de pureté parfaite elle fût encore retenue dans le feu, ce feu, loin de lui être pénible, serait plutôt un feu de divin Amour et comme la vie éternelle sans ombre de souffrances. (chap. X)
Les âmes du purgatoire ont une entière soumission à la volonté de Dieu. C'est pourquoi ces âmes reçoivent avec autant de joie les effets de sa justice que ceux de sa miséricorde. (chap. XIII)
Le seul retard de la vue et de la possession de Dieu paraît si pénible aux saintes âmes qu'il se forme en elles, par cela même, comme un feu qui les dévore.
Pour comprendre en quelque façon avec quelle ardeur les âmes qui sont dans le purgatoire désirent de voir Dieu, imaginons qu'il n'y ait dans le monde qu'un seul pain, et que ce pain ait la vertu d'apaiser par sa seule vue la faim de toutes les créatures. Si un homme en bonne santé, dévoré par la faim, savait qu'il n'y a que ce pain qui le puisse rassasier et s'il s'en voyait néanmoins privé, n'est-il pas vrai que sa faim augmenterait toujours, et lui deviendrait même d'autant plus intolérable qu'il approcherait de ce pain de plus près sans pouvoir y toucher ?... Les âmes du purgatoire ont cette faim ardente de se rassasier de ce pain céleste qui est Dieu même et notre doux Sauveur. (chap. VI)
SAINTE THERESE D'AVILA (1515-1582) Sainte Thérèse parle de trois religieux qui entrèrent au ciel tout de suite après leur mort sans passer par le purgatoire..
SAINTE VERONIQUE GIULIANI (1660-1727) Il me semble, dit-elle en décrivant la peine qu'elle avait à souffrir, il me semble que mon âme était dans un abandon complet, extérieur et intérieur, comme si Dieu m'avait dépouillée de tout et que plus jamais, en cette vie ni en l'autre, je ne participerais à aucun bien, que plus jamais je ne pourrais me recommander à la Sainte Vierge ni aux saints. C'est une douleur indescriptible et qui dura tout le temps que j'eus à passer dans ce lieu affreux. Il me semblait que ce temps ne finirait jamais et que toujours j'expierais. Nul ne venait à mon aide. J'étais seule et abandonnée. Une heure de ces souffrances, c'est une éternité. La douleur physique s'ajoutait à la douleur morale. Il me semblait qu'on me triturait les os, qu'on me travaillait les chairs, qu'on me jetait dans une fournaise, puis dans une glacière. Je tremblais de douleur. En même temps, on me rouait de coups avec toutes sortes d'instruments. Dans ces tourments, j'eus quelques communications avec Dieu : il me fit comprendre que les peines que je subissais étaient celles du purgatoire et qu'il me les faisait endurer pour libérer les âmes
In Sainte Véronique Giuliani, Véronique en Purgatoire, Nlle Bibliothèque Franciscaine, Série XXI.
SAINTE MARGUERITE-MARIE ALACOQUE (1647-1690) Le 2 mai (1683), la bienheureuse annonçait à la Mère de Saumaize l'entrée au ciel de deux religieuses de la Visitation : “ Vive Jésus ! ma bonne Mère, mon âme se sent pénétrée d'une si grande joie que j'ai peine à la contenir en moi-même. Permettez-moi que je la communique à votre cœur pour soulager le mien qui ne sort guère de celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce matin, dimanche du bon Pasteur, deux de mes bonnes amies souffrantes, à mon réveil, me sont venues dire adieu, que c'était le jour que le souverain Pasteur les recevait dans son Bercail éternel, avec plus d'un million d'autres, en la compagnie desquelles elles sont allées avec chants d'allégresse inexplicables. L'une est la bonne Mère de Monthaux, l'autre, ma Sœur Jeanne-Catherine, qui me répétait sans cesse ces paroles : “ L'amour triomphe, l'amour jouit, l'amour en Dieu se réjouit ! ” L'autre disait : “ Bienheureux les morts qui meurent au Seigneur et les religieuses qui vivent et meurent dans l'exacte observance de leurs règles. ” Elles veulent que je vous dise de leur part : “ Que la mort peut bien séparer les amis mais non les désunir ”, ceci est de la bonne Mère, et l'autre : “ Vous serez aussi bonne fille dans le ciel que vous avez été bonne mère sur la terre. ” Si vous saviez combien mon âme est transportée de joie, car en leur parlant je les voyais peu à peu se noyer et s'abîmer dans la gloire, comme une personne qui se noie dans un vaste océan.
Un jour, elle priait devant le Saint-Sacrement ; soudain, devant elle se présente une personne tout en feu ; les flammes brûlent si ardentes qu'il lui semble qu'elle en est toute pénétrée. A cette vue, sous ces tortures dévorantes, ses larmes jaillissent, abondantes. L'âme qui lui apparaît est celle d'un religieux bénédictin de la Congrégation de Cluny. Prieur de Paray, il l'avait confessée une fois et lui avait ordonné de faire la sainte communion. Il lui demande aujourd'hui de lui appliquer pendant trois mois les mérites de toutes ses prières et de toutes ses souffrances. Il lui découvre alors les causes de son rude purgatoire : trop d'attache à sa réputation lui a fait préférer son propre intérêt à la gloire de Dieu ; il manqua de charité envers ses frères ; dans ses entretiens spirituels et dans ses rapports avec les créatures, il avait trop d'attache naturelle, et cela déplaisait beaucoup à Dieu. Pendant trois mois, il se tint près de sa victime volontaire, ne la quittant point, et, du côté où il se trouve, elle brûle comme tout en feu. La douleur très vive la fait pleurer continuellement. La supérieure, qui sait tout, qui a tout approuvé, touchée de compassion, lui ordonne des pénitences et des disciplines. Au bout de trois mois, le bénédictin lui apparaît, tout éclatant de gloire ; il monte au ciel ; après l'avoir remerciée, il l'assure qu'à son tour il la protégera. In L. Hamon, Vie de la Bienheureuse Marguerite-Marie.
Sanctuaire Notre-Dame de Montligeon Le Sanctuaire Notre-Dame de Montligeon a été fondé au siècle dernier par l’abbé Paul Buguet (1843-1918). En 1884, l’abbé Buguet fonda l’Oeuvre expiatoire pour la délivrance des âmes délaissées du Purgatoire.Ce projet entraîna la construction, de 1894 à 1911, de l’église Notre-Dame par l’architecte Tessier.Pour visiter le Sanctuaire sur internet : <http://www.sanctuaire-montligeon.com/>.Le Sanctuaire édite une revue : "Chemins d'Eternité", qui propose l’Espérance en favorisant une nouvelle approche de l’au-delà et de la communion des saints. Abonnement possible en ligne.
Une boutique riche de nombreuses références (livres et objets de piété) est également à votre disposition sur ce site.
L’Amour qui purifie Car Dieu ne peut faire autre chose qu’aimer. Mais suivant la disposition dans laquelle chacun le reçoit, l’amour de Dieu est reçu de façon très différente : béatitude pour les âmes bienheureuses, souffrance purificatrice pour les autres, voire même feu qui consume pour les âmes qui refusent Dieu.
Le dernier acte de notre liberté est une remise de nous-même à l’Amour. Notre âme plonge alors directement en Dieu. C’est le Ciel. Mais il peut rester encore une part d’égoïsme qui tiédit le feu de la Charité en nous et demande à être purifié. C’est alors le “purgatoire” qui n’est ni un enfer à durée limitée, ni un lot de consolation. Les âmes du Purgatoire sont définitivement sauvées. Mais elles ne peuvent entrer directement dans l’intimité divine. C’est ce qu’explique Jean-Paul II : “Pour ceux qui (à leur mort) se trouvent en condition d’ouverture à Dieu, mais de façon imparfaite, le chemin vers la pleine béatitude exige une purification que la foi de l’Eglise illustre à travers la doctrine du Purgatoire.”
Toute trace d’attachement au mal doit être éliminée, toute difformité de l’âme corrigée. Pas un atome d’égoïsme ne peut entrer “chez Dieu”. Pour cela, l’âme doit se laisser faire, être passive entre les mains de Dieu, s’ouvrir à l’œuvre de restauration qu’Il accomplit en elle. Elle n’a plus qu’à se laisser aimer, dans un abandon complet.
Un regard de vérité Pour beaucoup, le “purgatoire” se fait déjà sur terre, par l’acceptation aimante des souffrances de la vie. Offertes par amour, elles sont purificatrices. Il y a aussi la purification passive de la maladie et de l’agonie. Beaucoup de mourants, en faisant l’offrande de leur vie en union avec Jésus, font vraisemblablement un acte de Charité parfaite qui les introduit directement au Ciel.
Mais nous pressentons que nous ne sommes pas prêts à voir Dieu face-à-face. Auprès de Lui, la moindre imperfection devient insupportable. Au moment du jugement particulier, en nous voyant dans sa Lumière, nous constatons combien nous avons mal répondu à son Amour. Nous mesurons les conséquences de nos manquements sur nos proches, sur la société, sur l’avancée du dessein de Dieu dans le monde. Ce regard de vérité provoque un repentir qui nous ouvre à une transformation de nous-même. Cette transformation, c’est Dieu qui va l’accomplir. La souffrance principale des âmes du Purgatoire, c’est donc de ne pas encore être unies à Dieu. Mais à cette souffrance se mêle une joie incomparable : la certitude de plonger pleinement dans la Vie.
Une solidarité universelle En Dieu, vivants et défunts ne forment qu’une famille, qui vit de la charité fraternelle. Leur existence terrestre étant terminée, les âmes du Purgatoire ne peuvent plus mériter pour elles-mêmes. Mais elles offrent leurs souffrances pour les vivants et sont ainsi source de grâces. Celles qui nous sont proches nous soutiennent et parfois nous guident. Nous-mêmes pouvons les aider par nos prières et la sainteté de nos vies. Nous pouvons porter avec elles leur fardeau et même l’alléger. Dans leur ultime épreuve, la prière de l’Église et l’intercession des saints les aident à dire enfin : “Oui, viens Seigneur Jésus, viens !” Cet échange d’amour, c’est le mystère de la Communion des saints Comme le dit le héros du journal d’un curé de campagne de Bernanos : “Il n’y a pas un royaume des vivants et un royaume des morts, il n’y a que le royaume de Dieu, vivants ou morts, et nous sommes dedans.”
Une présence sans visage Le Seigneur fait sentir sa présence de telle sorte qu’Il ne montre cependant point son visage. Il répand au-dedans sa douceur, mais Il ne manifeste point sa beauté. Il y répand sa suavité, mais n’y montre point sa clarté. (…) Il est encore environné de nuages et d’obscurités. Son trône est encore sous une colonne de nuées. A la vérité, ce que l’on sent est extrêmement doux, mais ce que l’on voit est tout dans les ténèbres, car le Seigneur n’apparaît pas encore dans la lumière. Le feu chauffe plutôt qu’il n’éclaire. Il enflamme bien la volonté mais n’illumine pas l’entendement. L’âme donc en cet état peut bien sentir son Bien-Aimé, mais il ne lui est pas permis de l’apercevoir. Si elle le voit, c’est comme dans la nuit, comme derrière un nuage. Enfin, l’âme voit bien comme dans un miroir, en une énigme, mais non pas face à face : de là vient qu’elle s’écrie : Faites luire sur votre serviteur la lumière de votre visage.” Richard de Saint-Victor (XIIe siècle)
Est-ce qu’on ira tous au Paradis ? “On ira tous au Paradis”, dit la chanson… Personne n’y sera forcé, affirme la foi chrétienne. En ce domaine, Dieu propose et l’homme dispose. Qui voudrait d’un bonheur forcé ? Dieu va jusqu’au bout du Don de lui-même mais ce Don reste un cadeau que l’homme peut refuser. Parler d’un Jugement, c’est parler de la rencontre de deux libertés.
“Dieu pardonne toujours. Il ne juge pas. Si Dieu est Dieu, il doit venir à bout de la malice humaine. Il ne peut fabriquer un enfer éternel, encore moins y enfermer quelqu’un”... De telles affirmations cachent souvent une profonde angoisse et une fausse conception de l’Amour. Dieu, certes, n’est pas un gendarme qui cherche à prendre l’homme en flagrant délit. C’est un Dieu clément, et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour” (Ex 34,6 ; Ps 102,8). Mais que serait un Dieu d’Amour qui passerait systématiquement l’éponge sur nos vies et devant qui nos existences seraient comme neutres ? Un Dieu pour qui le mal et le bien seraient indifférents ?
En Dieu, la Justice est Miséricorde et la Miséricorde est Justice. Dieu est toujours Amour quand Il juge et Justice quand Il aime. Une miséricorde sans justice est humiliante. Une justice sans miséricorde est écrasante. Sa Justice est celle d’un Dieu qui connaît le secret de nos cœurs et de nos vies et qui veut la suppression de tout mal. Sa Miséricorde suppose de ne tolérer aucun mal.
Un mystère de liberté L’enfant manifeste avec acuité une des contradictions humaines : chez lui, un sens aigu de la justice cohabite avec l’espoir de ne pas en subir les rigueurs. Il sent naturellement que le désordre engendré par le mal appelle sanction et réparation mais il attend de ceux qui l’aiment une forme de justice supérieure qui prend la forme du pardon. Il sait aussi qu’il peut refuser ce pardon et se murer dans son refus. Très tôt, il expérimente le choc ou l’alliance de deux libertés. Il sait qu’il doit rendre des comptes et cela lui permet de se construire.
Le mystère du Jugement est un mystère de liberté. Le temps de notre vie nous est donné comme un temps ouvert à l’accueil ou au rejet de l’Amour sauveur de Dieu. Notre Salut se joue sur une acceptation pleinement libre de cet Amour. Mais l’orgueil peut bétonner à ce point la muraille de nos péchés que la grâce de Dieu ne peut la renverser. Mourir hors de l’amour, c’est non seulement ne pas aimer, mais plus encore ne pas accepter d’être aimé. Toutes les fois où nous refusons d’être aimés, nous expérimentons cet enfermement sur nous-même qui peut aller jusqu’à nous couper définitivement de Dieu.
“C’est ici-bas que la vie est perdue ou gagnée”, écrivait saint Cyprien de Carthage, au IIIe siècle. “Ici-bas, on travaille au salut éternel par le culte de Dieu et le fruit de la foi. Que personne ne soit donc arrêté par ses péchés ni par les ans pour se hâter d’obtenir le salut. Aussi longtemps qu’on est en ce monde, aucune pénitence n’est tardive. L’accès à l’indulgence divine demeure ouvert, et cet accès, pour qui cherche et pour qui comprend la vérité, est facile.”
Une bonne nouvelle Dieu juge en étant lumière, c’est-à-dire en ne laissant rien dans l’ombre. On peut fuir la lumière toute sa vie, mais il y aura au moins un dernier instant, celui de la mort, où l’on ne pourra plus tricher. Cette lumière n’est pas un projecteur violent qui aveugle pour mieux fouiller la conscience mais une lumière douce et bienfaisante qui met dans la vérité sur soi-même et attire dans la chaleur de son rayonnement.
Cette Lumière divine est une Bonne Nouvelle pour tous ceux qui subissent la violence du monde et ont soif d’une justice qui ne soit pas simplement humaine. Ainsi, les pauvres des Béatitudes, protégés par la certitude qu’une Justice parfaite existe et que c’est à elle qu’appartient le dernier mot de l’Histoire, sont confortés dans l’Espérance. Car “si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur. Il connaît tout” (1Jn 3,19) et “Il veut que tout homme soit sauvé” (1Tim 2,4). L’Écriture va même jusqu’à dire que celui qui vit de la Miséricorde divine “se rit du jugement” (Jc2,13 ; 1Jn 4,17).
Jugement particulier, Jugement dernier ? La foi chrétienne distingue le jugement particulier et le Jugement dernier. Au moment de la mort, notre sort final est fixé (Hb 9,27). Mais toutes les conséquences de ce jugement ne sont pas tirées avant le Jugement général qui aura lieu lors du retour du Christ, à la fin des temps.
Le jugement particulier qui suit immédiatement la mort réelle concerne notre dernier acte de liberté, préparé par tout ce qu’a été notre vie. Mais il peut aussi être un acte d’arrachement brutal au péché comme ce fut le cas pour le bon larron. Ce jugement personnel décide de notre destinée éternelle : celui qui meurt dans l’amour de Dieu est accueilli au ciel dans l’intimité des Personnes divines en compagnie des anges et des bienheureux ; celui qui meurt dans l’amour, mais sans avoir atteint la perfection de la Charité, entre dans un état de purification que l’on appelle le Purgatoire ; enfin, celui dont le cœur s’est définitivement fermé à l’amour est fixé définitivement dans cette rupture avec Dieu. C’est ce qu’on appelle l’enfer.
Le jugement dernier sera précédé par la résurrection de tous les morts, accompagnée de la venue du Christ en gloire. C’est alors que sera définitivement mise à nu la vérité sur la relation de chaque homme à Dieu. Le jugement dernier révélera jusque dans ses ultimes conséquences ce que chacun aura fait de bien ou omis de faire durant sa vie terrestre” (CEC 1039). Le Père seul en connaît le jour. Par son Fils, Il prononcera sa parole définitive sur toute l’histoire. Nous connaîtrons le sens ultime de toute l’œuvre de la création et de toute l’économie du salut, et nous comprendrons les chemins admirables par lesquels sa Providence aura conduit toute chose vers sa fin ultime” (CEC 1040).
Que font les défunts au Purgatoire Paraître devant la sainteté de Dieu peut sembler une épreuve redoutable malgré tous nos efforts. A moins que ce soit Dieu Lui-même qui opère en nous cette ultime transformation qui ouvre notre cœur à la plénitude de la Charité. Cette transformation préparatrice est purifiante.
Du buisson ardent de Moïse au char de feu d’Elie, des charbons enflammés d’Isaïe aux flammes du Cantique des Cantiques... toute la Bible le dit : Dieu est un feu dévorant ! Et ceux qui s’engagent dans l’expérience spirituelle, à la rencontre du Dieu vivant, le disent également : l’approche de Dieu est une brûlure.
Mis au feu, le bois humide commence par noircir, craquer et fumer. Puis vient l’embrasement. La Bible emploie l’image du feu du fondeur qui sépare l’or pur de sa gangue pour décrire comment celui qui veut devenir “vive flamme d’amour” doit se laisser purifier par Dieu. Nous nous contenterions volontiers d’un petit bonheur, d’un petit paradis, d’un petit salut. Mais Dieu veut pour nous le meilleur : Lui-même.
Indulgences
Jusqu'au concile Vatican II http://fr.wikipedia.org/wiki/IIe_concile_du_Vatican
>
, les paroissiens <http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Paroissien&action=edit> comportent encore, dans le chapitre consacré aux prières, une section sur les indulgences. Ainsi, le Paroissien des fidèles publie une liste d'invocations indulgenciées : on obtient 100 jours d'indulgence pour s'exclamer “ Mon Jésus, miséricorde ! ”, autant pour “ Cœur agonisant de Jésus, soyez mon amour ”, tandis que “ Saint Joseph, patron de la bonne mort, priez pour nous ” vaut 300 jours
L'indulgence aujourd'hui La théorie des indulgences a été rappelée par le concile Vatican II puis la constitution apostolique Indulgentiarum doctrina de Paul VI
<http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_VI>, reprise dans le Code de droit canonique de 1983. Dans le Cat馗hisme de l'ノglise catholique
<http://fr.wikipedia.org/wiki/Catテゥchisme_de_l'テglise_catholique> de 1992 (§ 1471-1479), l'Église réaffirme son droit à octroyer les indulgences, ” en vertu du pouvoir de lier et de délier qui lui a été accordé par le Christ Jésus ” (§ 1478). Elle précise que l'indulgence libère seulement de la “ peine temporelle ” du péché et non de la “ peine éternelle ” - c'est-à-dire de la privation de la “ vie éternelle ”, de la communion avec Dieu. De nouveau, elle rappelle que l'indulgence est accordée au pécheur non pas en vertu de ses pénitences seules, mais de la communion des saints.
Si la pratique est moins courante que par le passé, elle subsiste clairement : ainsi, le Catéchisme recommande toujours, avec l'aumône et les œuvres de pénitence, l'usage des indulgences en faveur des défunts (§ 1032). La principale indulgence est accordée à l'occasion du jubilé <http://fr.wikipedia.org/wiki/Annテゥe_sainte>, dont elle est l'“ un des éléments constitutifs ” selon Jean-Paul II http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_II
(bulle <http://fr.wikipedia.org/wiki/Bulle_pontificale> d'indiction Incarnationis mysterium, § 9.1).C'est à l'occasion du jubilé de l'an 2000 que la Pénitencerie apostolique a jugé bon de rappeler les conditions d'acquisition de l'indulgence. Dans tous les cas - indulgence plénière ou partielle -, le fidèle doit être en “ état de grâce ”. Pour l'indulgence plénière, dont l'obtention est limitée à une fois par jour, il doit en outre :
 se détacher complètement du péché, même véniel,
 se confesser <http://fr.wikipedia.org/wiki/Confession>,
 communier <http://fr.wikipedia.org/wiki/Eucharistie>,
 prier selon les intentions indiquées par le pape.
Il est également rappelé que l'indulgence ne peut être appliquée qu'à soi-même ou aux “ âmes du Purgatoire ”, et non à d'autres personnes vivantes
 

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